Belgique

Plusieurs «petits» partis du présent panorama 2004 se singularisent, d'abord, par leur attachement à un schéma institutionnel. Mais c'est en ordre dispersé.

D'abord, le Rassemblement Wallonie-France et son alter ego bruxellois, soit RWF (ou RWF-RBF en Région de Bruxelles-Capitale). Ses 25000 voix obtenues lors de sa mise à feu, lors des législatives de 2003, ont encouragé Paul-Henry Gendebien et les siens. On les trouvera dans toutes les circonscriptions régionales, à Bruxelles (sans liste complète) comme en Wallonie, ainsi que pour l'Europe où quelques solides lettrés (René Swennen, Marc Wilmet, Pierre-René Mélon - celui-ci issu de la concurrence de «France») et un ancien PRL (Guy Piérard) figurent parmi les co-listiers de l'ancien député européen. Pour la circonstance, le programme a pris du poids, par-delà le seul message (ou l'unique obsession) rapprochiste/réunioniste avec la France. Il se décline notamment au fil d'une priorité aux emplois-jeunes, d'une Wallonie «plus habitable», d'une revalorisation urgente du statut pécuniaire des enseignants, ou encore d'une Europe rebâtie autour du couple franco-allemand.

Plus ancien (1994) mais plus dégarni (5600 voix en 2003), France se présente aux élections régionales à Liège, Verviers et Tournai-Ath-Mouscron. Dans trois autres circonscriptions hennuyères (Charleroi, Thuin, Soignies), il renvoie à l'appellation Wallon qui se revendique toujours de l'héritage du Rassemblement wallon. Car les uns et les autres ont pour cette fois fait alliance. «Rattachistes et régionalistes» donc, eux veulent «s'intégrer» à la France (ce qui serait plus qu'une nuance avec Gendebien); ils tiennent à se démarquer du RWF aussi en ce qu'ils revendiquent la suppression de la Communauté française et laissent le sort de Bruxelles «étranger» à leur sujet. Coordinatrice générale de cette deuxième chapelle francophile ou francolâtre, Marie-France Jarbinet est tête de liste à Liège.

BUB aussi est tricolore, mais aux antipodes: ses trois couleurs à lui sont celles du drapeau belge! «Belgische Unie-Union belge» prône le retour à la Belgique d'avant 1970: unitaire, décentralisée en provinces, moyennant la suppression des Régions et Communautés. Pour le reste, on s'y dit centriste, histoire de se démarquer davantage de formations «belgicaines» antérieures, aux initiales voisines, radicalement marquées à droite. «Belg.Unie-BUB» se présente aux régionales, partout en Flandre, à Nivelles et à Bruxelles. Où la situation est typique de ses difficultés à se revendiquer du registre. Car les listes bilingues y sont désormais interdites. Par fidélité à ses convictions, BUB a tenu à déposer deux listes -la francophone «BUB-NB» en sus. Mais la formation conseille, même à ses sympathisants francophones, de voter pour «Belg.Unie-BUB», côté néerlandophone. En effet, il y sera beaucoup plus facile d'obtenir un siège. 3500 voix suffiraient, ce qui fait espérer à BUB (10000 voix, globalement, en 2003) de décrocher son premier élu.

La liste PJU-PDB, dans la seule circonscription de Verviers, est connue de longue date en Communauté germanophonone pour en être le porte-voix spécifique, et très régionaliste, hors partis traditionnels.

La liste VDB (Vlaamse Democraten Brussel), dans la seule circonscription de Bruxelles, n'a rien à voir avec les initiales de l'ancien Premier ministre PSC. Elle se profile à la fois comme très bruxelloise et très flamande. L'une de ses candidates se prévaut de ses attaches avec le Tak.

© La Libre Belgique 2004