Belgique

Le gouvernement fédéral a sorti le train d’atterrissage. 

On commence à en distinguer le fuselage du successeur du F-16. Selon toute vraisemblance, il s’agit du F-35. La décision devrait être actée dans les prochains jours. Une annonce sur l’achat des nouveaux drones et blindés pourrait aussi intervenir.

L’exécutif avait lancé en mars 2017 un appel d’offres pour le remplacement des avions de combat de l’armée belge (retirés progressivement du service entre 2023 et 2030). Dont coût à l’achat : environ 3,5 milliards d’euros pour 34 appareils. Cinq candidats s’étaient déclarés : le F-35 américain de Lockheed Martin, le F-18 Super Hornet américain de Boeing, le Rafale français de Dassault, le Gripen suédois de Saab et l’Eurofighter Typhoon du consortium européen Eurofighter (réunissant le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne).

De cinq à deux candidats

Le Gripen et le F-18 s’étaient rapidement retirés. Finalement, seuls le F-35 et l’Eurofighter avaient déposé une offre conforme aux prescrits définis par le gouvernement. La France, elle, avait décidé de proposer un partenariat global autour de son Rafale, mais en dehors de la procédure d’appel d’offres. Après pas mal de tergiversations, essentiellement du côté du MR, il semble que la proposition française n’ait pas été prise en considération.

Le 15 juin, le Premier ministre Charles Michel (MR) annonçait que son gouvernement se prononcerait sur le nom du successeur du F-16 pour le… 14 octobre au plus tard. La date correspondait à l’expiration de l’offre remise par Lockheed Martin. Le 14, c’était aussi le jour des élections locales en Belgique. Il semblait politiquement difficile d’annoncer une telle décision juste avant un scrutin important. L’équipe Michel aurait obtenu une prolongation de l’offre américaine de deux semaines environ. Ce qui signifie que la décision devrait intervenir avant la fin du mois.

Toutes les sources consultées par La Libre – politiques, gouvernementales, militaires et industrielles – convergent pour indiquer que le F-35 décrochera la timbale. Ce n’est pas une surprise tant cet appareil était le grand favori – déjà à l’époque du précédent gouvernement – notamment parce qu’il s’agit d’un avion de cinquième génération (la dernière), contrairement aux autres candidats. Il est en outre celui qui aurait reçu la meilleure évaluation de la part de la Défense.

Par rapport à l’Eurofighter, “il est nettement moins cher et plus performant”, dit un fin connaisseur du dossier. Selon plusieurs membres de la majorité, issus de différents partis, il n’y a donc plus de doute que le gouvernement se prononcera en faveur du F-35.

Les dernières inconnues

Il reste quelques éléments à clarifier. Selon nos informations, fin de semaine dernière, le gouvernement devait encore décider s’il opte pour une version de l’appareil fabriquée aux États-Unis ou en Europe (il y a une usine en Italie), également déterminer le lieu de formation des futurs pilotes et techniciens, et se prononcer sur la base qui accueillera les premiers avions livrés.

Les 34 appareils seront, à terme, répartis équitablement entre la base francophone de Florennes (dans la province de Namur) et celle flamande de Kleine-Brogel (Limbourg). Cependant, dans un souci de bon fonctionnement de la force aérienne, la première moitié des appareils livrés ira sur la même base, la seconde moitié sur l’autre. Mais laquelle ouvrira le bal ?

Enfin, le gouvernement a visiblement la volonté de faire une annonce groupée sur les grands achats militaires. En plus du futur avion de combat, il annoncerait le nom des futurs drones et blindés (près de 500 véhicules terrestres pour lesquelles un préaccord existe avec le France). On s’oriente donc vers un atterrissage groupé.