Belgique

Coup de sang de Joëlle Milquet hier midi. Le bureau politique du CDH était réuni pour traiter un point reporté lors de la réunion de la veille. Un point sensible puisqu’il s’agissait de discuter des assises de l’interculturalité en général et du port des signes convictionnels dans les écoles en particulier. Pour rappel, le rapport final des assises recommande l’interdiction du port du voile avant la troisième année du cycle supérieur. Une mesure qui renforce un positionnement antérieur du CDH. Mais qui ne doit pas être celui du parti, estiment certains. D’un débat houleux, la réunion a rapidement tourné à la discussion (très) tendue pour terminer par un claquage de porte en bonne et due forme de la présidente. Blessée, était-elle, relève un proche, inquiète d’une montée réactionnaire dans son parti.

C’est une carte blanche surprise, publiée par “La Libre” le 23 novembre qui a mis le feu aux poudres. Rédigée par les élus Hervé Doyen, Joël Riguelle, André Du Bus, Carlo Di Antonio et Dimitri Fourni, elle s’inquiète de l’opportunité de légiférer sur le port du voile dans les écoles, et plus largement d’une dérive communautariste dont on retrouverait les traces dans les conclusions des assises. “Ces assises ne sont tout de même pas le congrès du CDH, nous dit un humaniste. Elles ont été commandées par le gouvernement et c’est Joëlle Milquet qui en est le ministre de tutelle, c’est tout”. En clair, on refuse l’amalgame entre les conclusions du rapport et le positionnement du CDH. “Je ne comprends pas pourquoi ce débat prend directement une dimension passionnelle et personnelle”, pointe un autre CDH. Le torchon brûle. “Il serait temps que le parti prenne enfin clairement position sur cette question”.

“Le parti n’a pas attendu les assises pour prendre position, réplique un autre CDH. On interdit en primaire et jusqu’à la troisième ou quatrième année du secondaire et ensuite on laisse le choix aux écoles d’interdire après avis du Conseil de participation”. Mais la poursuite du débat interne est naturelle, indique cette source. D’aucuns minimisent l’incident parlant de l’indélicatesse de la carte blanche, surtout pour la ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet.

© La Libre Belgique 2010