Belgique

Le Roi a accepté lundi, en fin d'après-midi, la démission du gouvernement et l'a chargé de l'expédition des affaires courantes. Il a ensuite reçu au Château de Laeken l'ancien Premier ministre et ministre d'Etat CD&V Wilfried Martens et l'a chargé d'une mission d'exploration "afin de trouver rapidement une solution à la crise politique actuelle". Le recours à cette formule conforte plutôt l'impression qu'il ne faut pas attendre le nouveau gouvernement dans les prochaines heures...

Ce mardi, Wilfried Martens rencontrera les présidents des partis de la majorité, le Premier ministre sortant ainsi que les présidents de la Chambre et du Sénat. M. Martens espère ainsi mieux cerner la position de chacun. Plus tard, il aura éventuellement des contacts avec les présidents des partis de l'opposition. "Cela peut être utile", a-t-il commenté.

Les représentants des cinq partis de la majorité sortante ont plaidé dès vendredi pour la mise en place rapide d'une nouvelle équipe afin de faire face aux défis de la crise économique et financière. Même au Palais, on se montrait relativement optimiste vendredi soir quand le Roi a entamé ses consultations. Mais dès le samedi, les choses semblaient s'embourber dans les contradictions internes du CD&V. Dimanche, le souverain n'a reçu que la présidente du CD&V Marianne Thyssen et lundi le Premier ministre Yves Leterme pour l'audience traditionnelle. En fin d'après-midi, les choses se sont précisées avec un communiqué laconique du Palais annonçant que le Roi avait accepté la démission et chargeait le gouvernement d'expédier les affaires courantes. On voyait ensuite arriver au Château de Laeken l'ancien Premier ministre Wilfried Martens.

Peu de temps après, le Palais annonçait que le Roi l'avait chargé d'une mission d'exploration, confirmant implicitement l'impression qu'on avait depuis deux jours, à savoir que les choses étaient nettement plus difficiles qu'une simple relance du gouvernement sortant avec un nouveau Premier ministre et un nouveau ministre de la Justice. Avant cela, la journée a été marquée par le changement de cap du sp.a qui, sous certaines conditions, se dit maintenant ouvert à une éventuelle entrée dans la nouvelle équipe gouvernementale. Johan Vande Lanotte, ancien Vice-Premier ministre sp.a, a laissé entendre que la perspective d'un éventuel retour de Jean-Luc Dehaene aux affaires était à cet égard un "signal important".

La présidente du sp.a, Caroline Gennez, précisait pour sa part les conditions du parti pour entrer dans un gouvernement: une équipe resserrée avec un programme limité mais surtout, un gouvernement dans lequel il n'y aurait pas de ministre appelé à être entendu par la commission d'enquête parlementaire sur les soupçons d'influence de l'exécutif sur le judiciaire dans l'affaire Fortis.

Et Mme Gennez de citer nommément, Yves Leterme, Jo Vandeurzen et le Vice-Premier ministre et ministre des Finances MR, Didier Reynders. Si l'arrivée éventuelle de Jean-Luc Dehaene est positive pour le sp.a, ce n'est pas le cas du côté libéral. On dit en général ne pas voir de "gaieté de coeur" le retour de l'ancien Premier ministre CD&V. De plus, l'Open Vld souligne que, malgré le fait que les libéraux forment la plus grande famille politique à la Chambre, ils sont tenus à l'écart des discussions depuis 48 heures. "Depuis les consultations royales de vendredi soir, nous n'avons plus eu aucun contact", notait le Vice-Premier ministre Patrick Dewael.

La journée de lundi a encore vu une réunion du Comité ministériel restreint à l'issue de laquelle aucune information n'a filtré. Les participants ont réussi à quitter le 16 de la rue de la Loi en évitant les journalistes. Le but de la réunion était de faire le point sur certains dossiers. Un nouveau Comité restreint serait prévu mercredi. Il y a ensuite encore eu une réunion des partis francophones de la coalition, mais là aussi on restait très discret.

Enfin, le fait que la Chambre est convoquée mercredi pour voter des 12èmes provisoires est généralement interprété comme un signe qu'on n'espère plus sortir très rapidement de la crise. Malgré la nomination d'un explorateur et tout ce que cela rappelle de souvenirs de la longue mission d'explorateur qu'Herman Van Rompuy a mené au cours de l'été 2007, on continue à affirmer ici et là que le but est toujours d'aller vite... L'actuel président de la Chambre a en effet été explorateur royal du 29 août au 29 septembre 2007, date à laquelle Yves Leterme a été nommé pour la deuxième fois formateur.