Belgique

Yassine était présent samedi soir, dans le centre de Bruxelles. Ce fervent supporter des "Lions de l’Atlas" regardait le match de chez lui, dans le centre de Bruxelles. Après la victoire, il a décidé d’aller célébrer cela sur le piétonnier bruxellois. "C’est ce que nous faisons d’habitude. Cela se fait toujours dans la joie. Oui, on klaxonne mais je n’ai jamais eu affaire à des débordements", explique le jeune homme de 21 ans.

Le plaisir de provoquer

Pourtant, dès son arrivée en face de la Bourse, "l’ambiance était déjà tendue", explique-t-il. "Cela a vite dégénéré. Un camion de la police était déjà présent mais vers 22 heures, j’ai remarqué que des agents entouraient et bloquaient les accès au piétonnier. Ils avaient leur carapace, leur armure, et tout l’attirail. Je ne me sentais pas à l’aise, alors je suis sorti de la zone. J’ai observé cela de l’extérieur", raconte Yassine, visiblement déçu de la tournure qu’a pris sa soirée.

Toujours à proximité de la Bourse, il explique avoir pris peur. "Je ne me sentais vraiment pas à l’aise. Certains gars semblaient prendre un vrai plaisir à provoquer la police. Et selon moi les agents réagissaient aussi assez sévèrement". Le jeune homme qualifie ce qu’il a vu de "véritable carnage". "Entre les bris de vitres, les affrontements entre les forces de l’ordre et une petite partie de jeunes qui lançaient des projectiles et les canons à eau, j’ai décidé de rentrer chez moi", confie Yassine.

"Tous dans le même panier"

Pour le jeune homme, un tel événement va ternir l’image de la communauté marocaine en Belgique. "On n’avait pas besoin de ça. Franchement, on va encore en prendre plein la figure, seulement parce que quelques cons ont décidé de foutre la m****. On sera tous mis dans le même panier, encore une fois", explique avec beaucoup de rancœur, ce Marocain d’origine, dont le grand-père est venu s’installer en Belgique. "Si c’est déjà comme ça avant même le commencement de la Coupe du monde, qu’est ce que cela donnera quand on y sera ?, s’inquiète Yassine. J’ ai vu les images et les vidéos dimanche matin sur les réseaux sociaux et sur les sites d’information. Ce qui s’est passé est pitoyable. J’ai honte".