Yves Leterme : "On a gardé le cap"

Martin Buxant et Francis Van de Woestyne Publié le - Mis à jour le

Belgique

Happy birthday. Yves Leterme est Premier ministre en affaires courantes depuis un an. Il livre son analyse de la situation politique.

A refaire, y a-t-il quelque chose que vous changeriez au déroulement de la crise ? Estimez-vous avoir correctement préparé la négociation sur BHV ?

Cela a été bien préparé, mais à refaire je pense que nous aurions dû entamer les travaux plus tôt, il y a eu un flottement au niveau des agendas. En ce y compris le mien. On aurait dû négocier durant les vacances de Pâques, on s’est trouvé trop vite près des deadlines annoncés par certains. Ceci étant dit, peut-être que certains avaient de toute façon l’intention de faire tomber le gouvernement.

Quel est le succès majeur de votre année en affaires courantes ?

C’est d’avoir gardé le cap au niveau budgétaire, socio-économique et financier. Je ne voulais plus des dérapages du passé, et nous avons réussi. Le pays est resté sur les rails.

On pourrait dire que tout ceci vous arrange : vous êtes toujours au “16” alors que finalement, selon le résultat des élections, vous auriez dû transmettre le témoin à d’autres…

Je suis content que le gouvernement en affaires courantes ait bien tiré le pays des difficultés et des engrenages dangereux. On a imposé la norme salariale avec l’AIP, le Budget : il faut le faire quand même. C’est bon pour le citoyen. En ce qui concerne mon humble personne, le pays ne doit pas, outre mesure, se soucier de mon sort.

Une épée de Damoclès pend au-dessus de la Belgique : l’agence de notation S & P avait donné six mois au pays pour avoir un gouvernement sous peine de voir sa note dégradée…

Il faut relativiser l’importance des agences de notation parce que la situation de la Belgique est parfaitement saine. Ces agences ont encore vanté les mérites de Lehman Brothers quelques semaines à peine avant que ça dégringole. Moi, j’ai rencontré quelques personnes de ces agences qui ne maîtrisaient pas toujours les dossiers belges à fond. Les fondamentaux de l’économie belge sont sains. Nous sommes un pays avec des citoyens riches et un Etat fédéral pauvre. C’est un slogan mais qui est exact. La balance des paiements est excédentaire, la dette diminue, le taux de chômage est inférieur à la moyenne, nous prêtons de l’argent aux pays étrangers.

Vous allez l’air de dire : tout va très bien Madame la Marquise, continuons comme cela…

Non, pas du tout, il faut un gouvernement de plein exercice. Il y a quand même des matières dans lesquelles nous devons avancer comme la lutte contre la criminalité, l’asile et immigration, les pensions, l’énergie.

Mais vous serez vraisemblablement en poste jusqu’après l’été…

Je ne négocie pas, je ne suis pas en première ligne pour ces négociations, je me contente de participer à quelques réunions avec mon parti et à donner des conseils dans les matières dans lesquelles j’ai une expertise. On a encore trois mois d’ici l’été.

Avez-vous le sentiment que la N-VA veut vraiment un accord ?

Sans commentaire. Il faut le demander à Wouter Beke et je pense que les jours à venir seront très importants à ce sujet.

Certains négociateurs estiment qu’il est temps que Wouter Beke termine sa mission et que d’autres endossent des responsabilités…

Je connais très bien Wouter Beke et j’ai parfaitement confiance qu’il arrêtera en temps voulu. Tant qu’il estime faire de petits progrès, il continue. Il ne va certainement pas s’éterniser dans ce rôle pour le plaisir. Il a déjà réussi à ramener De Wever et Di Rupo a une même table.

Certains partis flamands, comme l’Open VLD, propose qu’on ouvre des négociations sur les dossiers socio-économiques…

Moi je n’ai rien contre. Il faut saisir les occasions qui se présentent. Il faut réformer cet Etat sans faire trop de mal.

Martin Buxant et Francis Van de Woestyne

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