Belgique Recteur de l’ULB, Yvon Englert chronique la nouvelle année académique, et souhaite repenser le rôle de son université.

C’est une drôle de rentrée académique qui se prépare en ce mois de septembre. Les universités naviguent en effet au milieu du brouillard. Alors que la concurrence internationale et la digitalisation de l’enseignement continuent à bouleverser les habitudes, alors que le définancement oblige les établissements à rivaliser d’imagination pour penser l’avenir, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’offre ni des gages de stabilité, ni de grandes promesses sur le futur de nombreux dossiers. L’importante réforme de la formation initiale des enseignants, le remodelage des études de kinésithérapies sont soumis à de grands points d’interrogation. Même l’horizon qui sera celui du paysage universitaire peine à être distingué. Rien ne dit en effet que le politique acquiescera au projet de fusion entre l’UCL et Saint-Louis. Du coup, comme pour mieux affronter les brumes, Yvon Englert, le recteur de l’Université libre de Bruxelles (ULB), a intitulé sa rentrée académique de ce vendredi "Sortons la tête du sable".

C’est un étrange intitulé. Quel est le péril que vous souhaitez mieux regarder dans les yeux ?

No us allons entamer deux chantiers majeurs cette année . Les diversités seront au cœur de nos attentions et de nos projets puisque l’année 2017-2018 sera celle des diversités. Nous allons également mieux impliquer la communauté universitaire dans notre plan stratégique. Dans les deux cas, l’idée est de ne pas nous satisfaire de ce que l’on fait, et de regarder ce que nous pouvons améliorer .

Comment éviter qu’une année des diversités demeure celle de simples et belles intentions ?

En matière de diversités, nous observons que l’université est à l’image de sa société, qui n’a pas écarté toutes les discriminations en matière d’accès au logement, à l’éducation ou à l’emploi. L’ULB a toujours été attentive aux discriminations, mais il serait faux de dire qu’elles n’existent pas. Nous allons donc entreprendre et poursuivre une série d’actions concrètes pour mieux assurer les équilibres entre les hommes et les femmes dans le personnel par exemple, ou pour développer une stratégie autour du sexisme et des problèmes de harcèlement.