Belgique

Compte tenu de la forte exposition au bruit des populations qui l’entourent, l’aéroport de Bruxelles-National fait trop peu pour s’intégrer dans son environnement. C’est la conclusion générale des bureaux A-Tech et Anotec, mandatés par Céline Fremault (CDH), ministre de l’Environnement à la Région bruxelloise, pour évaluer la gestion des nuisances sonores à Zaventem et dont "La Libre" a pu prendre connaissance. Avant d’aller plus loin dans les conclusions de ce travail d’objectivation - très attendu depuis les polémiques nées des différents plans de survol élaborés par le gouvernement fédéral -, un peu de méthodologie s’impose.

L’étude propose de comparer l’aéroport national avec une dizaine d’autres dans le monde. Ces aéroports sont reconnus pour leur "approche cohérente et particulièrement intégrée de leur développement durable". Il s’agit des aéroports de Arlanda (Suède), Charleroi, Liège, Manchester, Munich, Vienne, Vancouver, Syndey, Portland, Toulouse et de Schipol (Amsterdam). Pour chacun, est calculé un indicateur (le Ldenpop) agrégeant la population exposée au bruit et le degré d’exposition.

Ces aéroports ont été questionnés sur l’application concrète de quatre principes définissant une approche "équilibrée" de leur fonctionnement. On parle ici d’équilibre entre activités économiques et impact environnemental. Ces principes sont les suivants : une réduction du bruit à la source (au niveau des avions), la planification foncière (insonorisation, règles urbanistiques, aménagement du territoire), les procédures opérationnelles (routes aériennes, trajectoires de déscente, etc.) et, enfin, les réductions opérationnelles (limitation de l’activité de l’aéroport, la nuit par exemple). Voilà pour le cadre théorique. Place aux résultats.

Première constatation, parmi les aéroports étudiés, celui de Zaventem est le champion en termes d’impact sur les populations (indicateur le plus élevé sur notre graphique). "Comparé à d’autres aéroports pour lesquels on constate que la carte de bruit est limitée au maximum sur les zones densément peuplées, on constate, pour la carte de l’aéroport de Zaventem, qu’elle empiète fortement sur la Région bruxelloise qui est pourtant la plus densément peuplée, relève l’étude. Sur d’autres aéroports comme Schipol ou Liège, on constate que cette carte est optimisée pour limiter au maximum leur impact sur les zones urbanisées." Mais cela, on le savait déjà.

Concentrer plutôt que disperser

Ce qui frappe dès lors encore davantage, c’est que Bruxelles National est aussi le plus mal classé au niveau de l’application des principes de l’approche équilibrée...


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