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Waterloo | Histoire

L’aventure de Napoléon inspire encore

Sophie Devillers

Mis en ligne le 25/09/2009

Le musée Wellington fait découvir Napoléon et son époque via la BD. L'exposition "Coup de crayon à l'Empire" se déroule jusque janvier.

Quelle aventure que ma vie", disait Napoléon à Sainte-Hélène. D’autres que lui l’ont pensé. Napoléon et son entourage ont été les héros d’un nombre incalculable de romans, récits, ou essais. Et la BD n’a pas fait exception et exploré elle aussi l’existence des héros de l’Empire. La preuve avec la nouvelle exposition du musée Wellington de Waterloo, prévue jusqu’au 15 janvier, et qui regroupe les œuvres de dessinateurs inspirés par la période napoléonienne.

Cette expo "Coup de crayon à l’Empire" s’inscrit dans le cadre de l’année de la BD dans les musées. "Nous voulions faire rentrer la BD dans le musée et la faire interagir avec des objets du musée", explique Colette Lamarche, directrice du musée Wellington. Exemples : deux nouvelles trousses de médecin dialoguent avec des planches de BD sur Larrey, chirurgien de l’armée napoléonienne, tandis qu’un bicorne répond à un récit sur le vol du chapeau de Napoléon au musée de Fontainebleau. L’expo invite notamment à découvrir les œuvres de ceux qui ont illustré l’Empire, de l’imagerie d’Epinal aux mangas. "Il existe un manga sur Napoléon. Chez les Japonais, Napoléon est très populaire ! Il existe 11 volumes, dont six ont été traduits ", précise Colette Lamarche. On trouve aussi des illustrations de la Semaine de Suzette, ou issues d’hebdomadaires comme Tintin, ou Spirou avec les "Belles histoires de l’oncle Paul". Le visiteur pourra aussi suivre le parcours de vie du mythique Empereur et du duc de Wellington, à travers des extraits de différents albums, comme ceux de Séraphine, qui offrent aussi un regard sur les femmes au temps de l’Empire, de Weber et Pasarin dans leur thriller historique "Les fils de la Louve", ou encore de Jamar et Dufaux, qui s’intéressent à Josephine. L’expo évoque aussi les batailles, dont celle de Waterloo. On retrouve ainsi le site représenté dans des planches de Cupidon, où Grouchy, tombant amoureux, est victime de Cupidon, raison pour laquelle il serait responsable de la défaite. Si Malik prend ici par exemple quelques libertés avec l’Histoire, dans les dessins eux-mêmes, en général, Colette Lamarche n’a pas décelé d’erreurs historiques "flagrantes. Les dessinateurs font des recherches énormes", dit-elle, précisant qu’elle en accueille d’ailleurs parfois certains à la bibliothèque du musée.

Et Napoléon et l’Empire font toujours travailler l’imaginaire des artistes de BD, constate-t-elle. "Ils ont une passion pour ce sujet, et certains sont parfois d’ailleurs des reconstituants (voir ci-dessous). Il faut dire que la période est d’une très grande richesse historique. Et Napoléon n’arrête pas de faire poser des questions. En outre, nous avons tous visité des endroits où il restait des traces de Napoléon. Cela aussi, ça inspire !" Le dessinateur et graphiste Nicolas Dandois, dit Nicomix, 29 ans, a pris en charge le catalogue et créé une mascotte pour l’expo - un soldat anglais qu’on retrouve dans divers contextes - et livré pour "Coup de crayon" des planches de l’album qu’il est en train de préparer sur la vie de Napoléon.

"Je ne suis pas passionné par Napoléon en tant que dictateur, je suis fasciné par la fascination qu’il exerce sur les gens. Il y a aussi la période, après la Révolution française, où on changeait de gouvernement tous les 6 mois Cela bougeait... Il y a des mécanismes politiques à décortiquer. Napoléon, c’est le premier populiste, un propagandiste... C’est cela que je veux décortiquer." C’est donc davantage un intérêt pour la politique de l’époque qu’un attrait pour le dessin des costumes des personnages qui l’a poussé à se lancer dans cette oeuvre. "Bien sûr, ils ont ces épaulettes, ces favoris... Mais je prends une certaine liberté. Leurs habits sont compliqués; ils mettaient une demi-heure pour s’habiller ! Donc je simplifie un peu tout cela. Mon dessin est de type naïf, simplifié. Mais je veux tendre à ce que ce soit plausible, donner un sentiment de réalité, plutôt que photographique. J’essaie d’être crédible." Nicolas possède déjà des dizaines de bouquins sur le sujet et ne compte pas s’arrêter là. Il s’est aussi rendu au musée Wellington et quelques explorations sur le site de la bataille sont prévues. Il espère aussi se rendre pour son ouvrage à Paris ou en Corse. Le premier tome, "Les îles", doit paraître à l’automne 2010.

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