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Brabant wallon | Services incendie
Pompiers : "un manque de moyens humains"
Sophie Devillers
Mis en ligne le 06/02/2010
La situation des services incendie brabançons préoccupe les élus locaux (comme les libéraux Michel et Wahl, voir épinglé) ou provinciaux. Le conseil provincial a adopté une motion qui vise à obtenir un déblocage urgent d’un budget fédéral de transition. Avec ce budget, le but est d’acquérir du matériel et d’engager 500 pompiers en 2010, même si cela ne représente que la moitié du contingent en pourparlers avec le ministre de l’Intérieur. Du côté de l’opposition CDH, Albert Dalcq a félicité la majorité pour la démarche tandis que Jean-Marie Flahaut (PS), qui craint que le fédéral n’ait pas les fonds suffisants, n’a pas caché son scepticisme. La Province dispose d’une régie provinciale autonome de fourniture de biens destinés aux services de lutte contre l’incendie. Par ce biais, 10 millions d’euros ont déjà été investis pour l’achat de matériel. En 2010, le budget a été crédité pour favoriser la création d’un centre 100 ainsi que des postes avancés.
Dans le BW, il existe cinq services d’incendie (voir ci-dessous), de catégories différentes, à Tubize, Braine-l’Alleud, Nivelles, Wavre et Jodoigne. Si les chefs de services d’incendie du BW s’accordent sur l’état correct du matériel - grâce surtout à ces aides de la régie - une plainte revient aussi régulièrement : le manque de moyens humains.
La caserne de Jodoigne couvre Jodoigne, Beauvechain, Hélécine, Incourt, Orp-Jauche, Perwez, Ramillies et comptera au total, au 1er mars, 51 pompiers dont quatre seront professionnels. Si l’on se base sur le cadre défini selon les règlements - "et il faut voir si aujourd’hui, ce cadre est encore suffisant !" - le cadre n’est pas complet. "Il faudrait neuf professionnels, il en manque donc cinq", indique le capitaine Lauwerier. Et les pompiers devraient être 63 au total. Ce cadre est calculé en prenant en compte la présence d’une aide médicale urgente, ce qui n’existe pas à Jodoigne, qui ne doit prendre en charge que les incendies. Et là, avec 48 pompiers volontaires, le commandant Lauwerier est satisfait. Jodoigne fait partie de cette catégorie de casernes qui fonctionnent surtout avec des volontaires. "Il y a une personne qui est à la caserne et qui rappelle le personnel. Les pompiers sont des volontaires rappelés chez eux. Ils doivent arriver à la caserne, s’habiller, démarrer le camion et partir. Les délais sont différents s’il y a des personnes à la caserne qui démarrent directement. Mais pour arriver à cela, il faudrait sept (NdlR : un centraliste plus six opérationnels) personnes en caserne en permanence." Entre les congés, les maladies, les pauses, il faudrait entre 40 et 50 pompiers professionnels dans la caserne de Jodoigne, calcule le capitaine. "C’est possible, s’il y a une volonté politique de dégager des moyens, si l’Etat fédéral tient ses promesses de financer 50 %. Maintenant, c’est 90 % à charge des communes Il s’agit donc d’un choix, entre avoir un départ après 5 minutes ou plus, ou avoir un départ dans les deux minutes ! Actuellement, à la caserne, les pros font un travail administratif, d’entretien, de prévention... C’est un problème. S’il y a un incendie, on démarre après 5 minutes quel que soit l’endroit. Demain, si on professionnalise, s’il y a une permanence en caserne, on gagnera 2 ou 3 minutes. Et dans le cadre de l’urgence, toutes les minutes comptent "
Un atout local : des pompiers volontaires sont aussi des employés communaux, que la Ville accepte de libérer en cas d’urgence. Le capitaine rappelle qu’il couvre une population de 50000 habitants (comme Nivelles, qui est pourtant une caserne mixte, soit mêlant pros et volontaires), et qu’il y a mille habitants de plus par an sur la zone "Les arrêtés concernant les services d’incendie ont été élaborés il y a 40 ou 50 ans. La population a augmenté et on n’a pas tenu compte de cela. On est bien en milieu rural, mais en périphérie de Bruxelles. Ici, on a trois sorties par jour." Quant à la création des postes avancés dans le cadre de la réforme pour réduire les délais d’intervention, "j’ai tendance à penser qu’il faut plutôt faire ce qu’il faut pour avoir des moyens suffisant dans les postes existants, qui ne sont pas si mal répartis que cela. Ce sont les moyens humains qui manquent. Par ailleurs, il y a aussi une réflexion sur une nouvelle caserne à Jodoigne. Pour l’instant on est en plein centre-ville, dans un bâtiment ancien. L’endroit choisi pour implanter la caserne serait aux portes de Jodoigne, et donc aurait une meilleure situation pour éviter la création d’un poste avancé dans l’est, du moins dans un premier temps." Des analyses pourraient ensuite être menées pour évaluer la situation, estime le capitaine.
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