La Libre.be > Actu > Brabant > Article
Brabant wallon | Immobilier
"Les prix ont baissé gentiment"
Sophie Devillers
Mis en ligne le 09/02/2010
Entre 2000 et 2006, le marché immobilier en Brabant wallon se caractérisait par une activité immobilière en hausse constante et une augmentation constante des prix immobiliers (de plus de 10 % par an). Mais le pic est atteint en 2007, car en 2008, le volume de transaction va se contracter. "Les valeurs immobilières, expliquent les notaires du Brabant wallon, tout en restant en légère augmentation, accusent un très net coup d’arrêt au d ernier trimestre 2008 et préfigurent le sens dans lequel le marché va évoluer en 2009."
Effectivement, l’année dernière, les notaires du BW ont passé 50 % d’actes en moins par rapport à 2008, et versé au Trésor 13 % de droits d’enregistrements en moins. Selon les statistiques tirées de leur banque de données, les maisons d’habitations et villas connaissent une baisse de 4,8 % (voir notre infographie), les appartements, une baisse de 4 % et les terrains à bâtir une baisse de 7,5 %. En moyenne, les prix baissent donc de 5, 43 %. "Une chance, c’est que les prix ont baissé gentiment. Ce n’est pas un crash total et l’activité immobilière a été soutenue par trois paramètres", indique Jean-Paul Mignon, porte-parole de la chambre des notaires du BW. Il s’agit d’abord du pouvoir d’achat qui s’est "globalement maintenu, pour ceux qui ont du travail" et du taux d’intérêt hypothécaire, qui "a permis aux baisses d’activité de ne pas être plus graves qu’escomptées. Cette baisse des taux a permis à l’activité immobilière de redémarrer, essentiellement au second semestre 2009." En outre, le taux d’inflation a été de 0 % en 2009. "Ces paramètres ont soutenu la demande. Mais les prix n’ont pas suivi", car, notamment, il y a eu une baisse de confiance des consommateurs dans la situation économique du pays. "Suite aux problèmes bancaires et leurs conséquences, attentisme et méfiance ont été de rigueur." La crainte du chômage et la détérioration de la situation économique expliquent ainsi l’indice de confiance ( - 15 en décembre 2009). Et la baisse de cette indice de confiance est aussi à mettre en relation avec l’augmentation constante de l’épargne des ménages, selon les notaires du BW. "Ce comportement explique la baisse de l’activité immobilière et la baisse des prix. Nos concitoyens ont préféré d’abord reprendre leur souffle et récupérer des forces financières avant des investissements à long terme."
Si l’on examine l’indice d’activité immobilière pour le Brabant wallon en 2009, on constate qu’il est plus bas que l’indice belge quel que soit le trimestre : il est de 67, 50 au premier trimestre (contre 87,7) et de 91,57 au quatrième trimestre (contre 100,0 pour l’indice belge) Les notaires enregistrent même une baisse de moins 23 % en janvier. "L’activité s’est redressée, mais le Brabant wallon reste en dessous de la moyenne du pays. Nous n’avons pas récupéré les valeurs des activités antérieures." Parmi les explications qui peuvent être avancées ? Les vendeurs du Brabant wallon sont privilégiés financièrement et peuvent donc se permettre de "laisser passer l’orage" de la crise avant de mettre leur bien sur le marché.
En matière de prix, pour la première fois depuis 10 ans, la grande majorité des communes (19 sur 27) voient leur prix baisser. A l’inverse, 8 communes sur 27 voient encore leur prix augmenter. Il s’agit de Nivelles, Wavre, Hélécine, Ittre, Genappe, Incourt, Walhain, et Chaumont-Gistoux. Pour des villes comme Nivelles et Wavre, il s’agit d’un "effet de rattrapage" de prix par rapport au reste du marché du BW plus élevé, estime Me Mignon. Ainsi, Nivelles, attractive en raison de sa gare notamment, se trouve à présent à la neuvième place. "Genappe aussi retrouve des couleurs. Chaumont-Gistoux, elle, est toujours fort sollicitée. Cela n’arrête pas de monter. Il y a là l’aspect financier qui joue, pour les gens qui ont les moyens, et qui cherchent un endroit calme et agréable." En revanche, le prix baisse par exemple à Waterloo "considérée comme trop cher" et à Lasne, où les "prix inconsidérés, c’est fini". "A Lasne, selon l’INS, les maisons baissent de 15 % tandis que les villas sont stationnaires. Ce qui montre que, si on n’augmente plus les prix pour les villas, il reste des moyens suffisants pour maintenir ces prix." Les prix les moins chers continuent à se situer à l’extrême Ouest, à l’extrême Est et au centre-Sud de la province, et les prix les plus chers dans les communes les plus proches de Bruxelles. "Les communes de la zone Wallifornie (Wavre, Grez-Doiceau, La Hulpe, Rixensart, Ottignies ) restent les plus chères et le resteront longtemps. Car l’université attire les cerveaux. Ceux-ci doivent trouver à se loger. Les entreprises sont attirées par les cerveaux et se greffent là. Ici se rassemblent cerveaux et hauts revenus et cela fait monter les prix."
En matière d’appartements, seule une dizaine de communes en ont suffisamment pour permettre l’analyse : Tubize, Rebecq, Perwez, Braine-le-Château, Braine-l’Alleud, Nivelles, Wavre, Ottignies et Waterloo. Le prix moyen est de 171699 euros. Les plus chers se trouvent à Waterloo (281913 euros) et les moins chers à Rebecq (127700 euros). Quant aux terrains, "il y a un déficit de terrains en Brabant wallon. Il y a donc une insuffisance de terrains dans la province et donc une insuffisance en terme d’analyse des ventes. Ce qu’on peut retenir, c’est qu’il y a une tendance à la baisse", indique encore le notaire Jean-Paul Mignon. Les chiffres dans ce secteur sont donc à relativiser.
10mn28 pour gravir l’Empire...
Barack Obama teste une arme redoutable
Parodie: Sarkozy face à la crise
Charles et Camilla fêtent Dickens