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Nouveau défi marin

So. De.

Mis en ligne le 24/01/2012

Le skipper d’Ottignies courra une transat avec de jeunes diabétiques.

Le skipper ottintois Denis Van Weynbergh en est désormais assuré : il participera, cet été, avec un équipage de jeunes diabétiques de l’ASBL "Force Douce", à la prestigieuse course transatlantique à la voile "Québec/Saint-Malo", qui prendra le départ le 22 juillet. Les sponsors (Proximedia, Abbott et la Fédération Wallonie-Bruxelles) ont été trouvés et l’ensemble du budget est bouclé. " C’est une première victoire en soi , se réjouit Denis Van Weynbergh. Nous sommes donc sûrs, à ce jour, de pouvoir nous aligner au départ. Pour nous, marins, le travail à terre, le plus difficile et le plus contraignant est fait et bien fait. A six mois du départ, avoir la totalité de son budget est un facteur de sérénité, de sécurité et de sérieux pour la préparation." On se souvient qu’en 2010, le skipper ottintois avait participé à la mythique Route du Rhum, transatlantique en solitaire. Le retour de la course avait été réalisé en compagnie de jeunes diabétiques de "Force Douce". Cette fois, l’ASBL - qui vise le développement personnel des jeunes en difficultés et notamment diabétiques, grâce à la pratique de la voile sportive - et Denis Van Weynbergh s’associent pour un nouveau défi : faire non pas "un simple retour" mais la course elle-même avec un équipage de jeunes diabétiques. Cette maladie les rend incapables de fabriquer de l’insuline naturellement. Ils doivent donc se l’injecter et être attentifs à leur taux de sucre dans le sang. "C’est une première mondiale, jamais un équipage de jeunes diabétiques n’a participé à une course transatlantique à la voile." Ce nouveau défi marin diffère du premier : "La première fois, c’était un convoyage. Le retour était assez ludique , dit le skipper. Si on voulait changer une voile, on avait tout le temps ! C’était le confort de l’équipe qui comptait par rapport à la vitesse du bateau. Ici, c’est la vitesse qui primera. Les changements de voile devront par exemple aller plus vite, être fait au bon moment. Le niveau d’exigence sera plus élevé. On passe ici à un niveau supérieur. On va se bagarrer contre des gens. Le but c’est d’être devant celui qui est devant ! On n’y va pas pour se promener ! On veut faire le mieux possible, tout donner et n’avoir aucun regret." Le marin brabançon a confiance en ses coéquipiers, même s’ils sont atteints de diabète : "Au niveau physique, il y aura évidemment plus de dépense d’énergie, ils devront d’autant plus ménager leur maladie, mais à ce niveau, ils sont tous au point dans leur gestion du diabète. C’est un équipage comme un autre qui part ! Lors du retour de la Route du Rhum, il n’y a eu aucun accroc. L’un d’eux devait se réveiller la nuit pour se faire une piqûre, et il le faisait ! Leur gestion était impeccable. Les médecins étaient là, mais ils n’ont rien fait !"

La course s’étend sur 3 200 milles de navigation dans l’Atlantique nord et équivaut à 15-18 jours de mer. Le moment délicat : la descente du fleuve Saint-Laurent sur 2 jours. " C’est un peu comme naviguer près des côtes, il faut être très attentif : aux bancs de sable, aux rochers, aux cargos Il y a toujours beaucoup de choses qui se passent à ce moment-là ! Et puis, c’est une transat, c’est toujours un challenge !"

Place maintenant à la préparation du bateau et à l’entraînement physique. "Depuis la mi-décembre, on suit tous un entraînement physique. Et à partir d’avril, ce sera la navigation. Parmi les jeunes qui ont participé à la première transat, on n’en prendra que trois." Trois jeunes sur cinq seront finalement sélectionnés sur bases d’aptitudes physiques, à la navigation et après des formations en survie, secourisme et radio. "Et puis, en juin, ces étudiants devront réussir en première session !" Après l’entraînement, viendront le parcours de qualification et le convoyage du bateau vers Québec. "Ces jeunes ont déjà fait tous une transat, et ils ont aussi fait des courses de 5 jours, ajoute Philippe Pirard, directeur de "Force Douce" et infirmier spécialisé en diabétologie . Ils sont très habitués à leur maladie y compris en mer, et naviguent depuis six ans."

Lui-même qui sera membre de l’équipage repassera un stage d’urgence pour rafraîchir sa gestuelle d’injection. Des médecins seront consultables à distance. Une trousse de secours sera constituée, répondant aux conventions internationales. Comme l’an dernier, la démarche sportive se doublera d’une étude scientifique. Des négociations sont en cours pour une collaboration avec un professeur de l’ULG. "On prendra des mesures pour affiner notre théorie : que la voile est un sport merveilleux pour les diabétiques. On prouve que l’on peut diminuer fortement les doses d’insuline, car l’activité physique est constante avec la voile. L’effet de l’insuline est meilleur et les doses peuvent être diminuées. Par ailleurs, Abbott nous fournira des lecteurs de glycémie, pour étudier leur utilisation." Enfin, l’idée est toujours de contribuer à changer l’image du diabète et de montrer que l’on peut relever des défis avec cette maladie.

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