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"Jardiner sans pesticides,un vrai sport"

Mis en ligne le 06/02/2012

Solange Demeure a banni les pesticides de son jardin. La commune encourage d’autres Stéphanois à faire de même, et à signer une charte en ce sens.
Reportage Yannick Natelhoff

Dans son jardin de Sart-Messire-Guillaume, Solange Demeure scrute attentivement les nombreuses plantes qui semblent supporter assez bien l’hiver, malgré des températures qui flirtent avec les moins dix degrés.

Dans quelques semaines, le petit coin de paradis de la Stéphanoise se parera de végétation luxuriante aux multiples couleurs et la mare, actuellement recouverte d’une couche de glace protectrice, accueillera à nouveaux tritons, grenouilles et autres insectes.

Arrivée dans la commune il y a 20 ans, Solange a rapidement banni les pesticides de son environnement. "Au départ, mon jardin était une prairie où étaient parqués des chevaux, explique-t-elle. Il n’y avait rien à part des ronces et le sol était très dur car il avait été piétiné par les chevaux. Les deux premières années, j’ai utilisé de l’antimousse mais celle-ci revenait très vite. Puis j’ai utilisé du sulfate de fer. Avec le même résultat Désormais, je laisse donc pousser la mousse. Ça ne sert à rien de lutter contre la nature. C’est sûr que je n’aurai jamais une pelouse aussi belle qu’un jardin anglais. Mais il y a pire dans la vie. L’herbe sur ma terrasse ? Ce n’est pas ma salle de séjour, donc je la laisse pousser. Et de temps en temps je la retire."

Solange a donc laissé tomber les pesticides. D’abord pour une raison économique : les pesticides étaient trop onéreux et pas vraiment efficaces puisque les mauvaises herbes revenaient d’année en année. Ensuite, pour des questions environnementales. Vendredi, elle a d’ailleurs signé une charte stipulant qu’elle n’utiliserait plus de tels produits dans son jardin (lire ci-dessous). La commune encourage d’autres habitants du quartier à fire de même.

"Je suis amoureuse du vivant. Je n’ai pas envie d’abîmer la nature. Oui, je souhaite que mon jardin soit beau. Et il l’est. Mais cela ne doit pas se faire à tous crins. Il faut développer cet espace en respectant la nature. Je ne vais pas désherber une plante qui est belle parce qu’elle pousse à un endroit que je ne veux pas. Au contraire, je lui ferai de la place pour qu’elle s’épanouisse."

À quelques mètres de la mare, se dresse un jardin japonais. Les galets qui composent le chemin ne sont pas recouverts de la moindre mauvaise herbe. "J’ai placé une bâche filtrante en dessous. Résultat, les mauvaises herbes ne peuvent pas s’enraciner dans la terre. On les arrache donc plus facilement."

Car un jardin sans pesticide, c’est du travail. "C’est même un sport. On fait beaucoup d’exercice physique. Ça entretient la forme. Au printemps et en été, je passe plusieurs heures par semaine à faire du jardinage. Mais c’est aussi parce que j’aime ça. C’est principalement la taille qui prend du temps. Parfois, certaines plantes poussent trop vite et il faut réguler cela pour qu’elles n’envahissent pas tout le jardin. Avec ou sans pesticide, il faut de toute façon consacrer du temps à son jardin si l’on veut qu’il soit beau."

La Stéphanoise ne reviendrait pour rien au monde à l’usage de pesticides. "C’est beaucoup plus agréable de savoir que l’on vit dans un environnement sain. En été, les oiseaux, grenouilles et insectes sont dans mon jardin. Ce ne serait pas possible avec l’usage de pesticides. Avec eux, il n’y a plus d’insectes. Et sans insecte, pas d’oiseau ni de grenouille. C’est tout un biotype qui est condamné. Et puis, les fleurs et orties qui sont dans mon jardin sont saines. Je peux donc les utiliser dans des salades ou potages. Et ça se savoure."

Yannick Natelhof

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