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Le château Balzat sera rasé

Yannick Natelhoff

Mis en ligne le 07/02/2012

Le bâtiment devrait bientôt faire place à un vaste projet immobilier.

C’est à un petit bouleversement que pourraient bientôt assister les habitants de l’avenue des Villas, à Ottignies. Le château Balzat, un hôtel qui trône en face de l’athénée royal Paul Delvaux depuis plusieurs dizaines d’années, est en effet voué à la destruction. Racheté en 2007 par un promoteur privé, les bâtiments actuels ne font en effet pas partie d’un ambitieux projet de réhabilitation du site. Concrètement, ce projet prévoit la création de trois immeubles sur 6 niveaux. Le premier accueillerait une maison de repos de 120 lits dont une trentaine pour des personnes atteintes d’Alzheimer ainsi que 20 lits réservés à des séjours courts et 15 places en accueil de jour. Au rez, un centre de bien-être (piscine, hammam, massages ) et de balnéothérapie serait créé tandis que l’immeuble accueillerait également les locaux techniques de tout le site. Le deuxième immeuble serait lui dédié à une résidence-service d’une cinquantaine d’appartements entièrement réservés aux seniors.

Au rez-de-chaussée, on retrouverait notamment un restaurant et une cuisine centrale tandis qu’un parking de 130 places verrait le jour au sous-sol. Le dernier bâtiment comporterait 47 appartements intergénérationnels, 16 kots à vocation estudiantine et sept chambres en location. A cela s’ajouterait une résidence classique de 17 appartements. Au total, cela représente un projet de 24 400 m² (contre 30 000 m² lors de la présentation du premier projet) pour un coût total estimé à 40 millions d’euros. Le projet suscite en tout cas certaines craintes de la part de riverains qui jugent le projet démesuré. Notamment en raison des problèmes de mobilité que les nouveaux logements pourraient ajouter dans une rue déjà saturée en heure de pointe de part la présence de l’établissement scolaire à proximité. Mais selon le bureau Aster Consulting, responsable de l’étude de mobilité inhérente au projet, les craintes ne seraient pas fondées. Notamment car le flux de circulation généré par l’arrivée de ces nouveaux habitants le serait en dehors des heures de pointe. Par ailleurs, la création de 130 places de parkings permettrait de limiter l’impact au niveau du stationnement des véhicules

Le château-hôtel a été construit en 1925 sur les coteaux d’Ottignies par l’architecte bruxellois Arthur Manne. Quid du patrimoine architectural qu’il pourrait représenter ? Selon les promoteurs, sur base d’informations reçues auprès de la Région wallonne, le bâtiment ne recèlerait aucun élément patrimonial nécessitant sa conservation. En d’autres termes, la Région wallonne donne son feu vert à la destruction du bâtiment. Ce dont certains s’émeuvent déjà. "On présente le bien comme dégradé et peu porteur d’éléments esthétiques de valeur, en dehors de tout inventaire sérieux, peste Dominique Verhaegen, licencié agrégé en Archéologie et Histoire de l’Art. [Mais] la tour belvédère a conservé et son élévation et l’agrément rare de sa toiture en pavillon. A l’intérieur, le grand escalier droit à deux volées s’orne de motifs géométriques chinois de bonne facture, et l’apport esthétique de la loggia à l’avant, comme de la véranda à l’arrière, débouche sur une qualité d’espace et de lumière indéniables. [ ] Je plaide donc pour la préservation du bien, assortie de mesures de protection."

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