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Wavre - WALIBI
"La sécurité est primordiale"
Sophie Devillers
Mis en ligne le 20/09/2008
Au milieu du hall, il ne reste plus que les coques de plastique rouge, pourvues de leurs sièges et de leur ceinture, typique des charriots des montagnes russes. L'intérieur des machines, lui, se trouve réparti dans plusieurs caisses à travers l'atelier, le rebut - les pièces à jeter, - soigneusement séparé des pièces neuves, et de celles démontées et nettoyées. A son établi, un ouvrier est occupé à presser, à l'aide d'une machine, une pièce toute neuve, qui sera intégrée au "buggy", là où se placent les roues du charriot.
Nous sommes ici dans l'atelier de maintenance de la société Cegelec, blotti au fond du parc d'attraction Walibi, à Wavre. Cette société qui propose notamment des services de maintenance, connue pour avoir travaillé à l'ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu ou à la raffinerie Fina d'Anvers, a conclu il y a tout juste un an un contrat de maintenance pour certaines attractions du parc wavrien. Parmi les missions réalisées au cours de l'année par cet atelier de 6 personnes, certaines constituaient un défi technique.
"On a par exemple dû changer le moteur du Vampire. Il pèse une tonne et demie, et se trouve à 37 mètres de hauteur, se souvient Xavier Staelens, un des chefs de l'atelier Cegelec à Walibi. On a dû aussi s'occuper de la poulie du Cobra, à 34 mètres de hauteur. Pour cela, il n'y a pas de plate-forme, on doit travailler dans le vide, on est suspendu par des harnais ! Pour le Cobra, le parc était ouvert à ce moment, on travaillait en journée. Les gens s'arrêtaient pour nous regarder... C'était nous l'attraction !" La société bruxelloise Cegelec a conclu ce contrat de maintenance pour 4 attractions phares du parc (le Cobra, le Vampire, le Loup Garou, la Calamity Mine, soit des "roller coaster"). Elle peut aussi réaliser des interventions ponctuelles sur d'autres. C'est son premier contrat de ce type. Peu étonnant : ce choix d'une sous-traitance et ce contrat global de maintenance pour le "gros entretien" avec une société externe seraient, pour un parc d'attraction, une première en Europe...
Travail complémentaire
Auparavant, c'était le personnel de Walibi, qui se chargeait de cette maintenance des machines durant la période de fermeture, dite "l'hivernage". "La maintenance permet le respect des règles de sécurité et de fonctionnement, la sécurité étant la condition primordiale avant le fonctionnement, explique Régis Durendez, directeur technique et sécurité àWalibi . Les normes de sécurité sont de plus en plus pointues, il faut de plus en plus de professionnalisation. On ne peut pas se permettre le moindre risque . Pour aller au coeur du problème, on n'a pas toujours tous les moyens et toutes les compétences en interne." La mission de Cegelec reste cependant complémentaire et indissociable du travail mené au quotidien par la propre équipe de maintenance de Walibi, soit 26 personnes . "En période d'ouverture, chaque matin, entre 6 et 10 h, pour chaque attraction, ils suivent une check-list, des points de contrôle : freins, système hydraulique...", énumère Régis Durendez. "Nous, nous réalisons le gros entretien, complète Etienne Bertrand, business development manager chez Cegelec Industry. Cela consiste, à la période d'hivernage, à venir enlever le charriot du circuit, l'amener à l'atelier et le démonter complètement. Les pièces seront contrôlées, graissées, changées... Remontée, la machine doit correspondre aux critères du fabricant lorsque l'attraction est sortie de l'usine. Et avant de remettre en marche un train révisé, un organisme de vérification donne son feu vert. Il suit aussi toutes les étapes à l'atelier..." Depuis cet été, et alors que le contrat court encore sur deux ans, Cegelec se charge aussi de l'entretien mensuel des 4 attractions phares. "Si on prend des responsabilités, autant suivre la machine toute l'année, cela permet de récupérer en fin de saison un appareil en meilleur état", note M. Bertrand. Lors de ces entretiens périodiques, il s'agit par exemple, sans démontage, de resserrer des roues, afin d'éliminer le jeu, et éviter ainsi la sensation de choc pour l'usager... A ce stade, Cegelec a déjà été sollicitée par d'autres parcs d'attraction. Elle réalise déjà en ce moment, dans son hall de Wavre, de la maintenance pour le parc Astérix, qui dépend comme Walibi, de la Compagnie des Alpes. "Je constate que les parcs se parlent entre eux. Notre contrat avec Walibi a fait comme une trainée de poudre. Je suis convaincu qu'il y a un marché important à ce niveau en Europe..."
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