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Province | Plan d’urgence

Panique dans l’auditoire

So. De.

Mis en ligne le 19/03/2010

La Province a testé les services de secours du BW lors d’un exercice hier. Pompiers ou policiers ont dû faire face à une explosion à Louvain-la-Neuve.

Il est un peu plus de onze heures, ce jeudi matin, trois jeunes filles sortent en hurlant des auditoires More, et font irruption sur la place Montesquieu, à Louvain-la-Neuve. Leur visage est marqué par des égratignures et des brulures. Elle se précipitent, toujours criant, sur le pompier casqué qui vient de descendre de son camion, et qui se hâte, tout en lançant un message par radio, vers l’intérieur de l’auditoire. Des policiers arrivent eux aussi et tentent de réconforter un groupe de jeunes filles, assises par terre. Une autre étudiante lance : "Une de mes amies est blessée, elle ne sait plus marcher. On ne sait pas ce qui s’est passé !" L’explication ? Dans les parkings souterrains, une bagarre a éclaté entre deux bandes rivales. Conséquences : un mort, des blessés par balles, par arme blanche, une explosion de véhicule, un incendie

Des auditoires, sortent des centaines d’étudiants, interrogations aux lèvres. Ils peuvent garder leur sourire, sous le soleil printanier. Il s’agit en réalité d’un exercice du plan général d’urgence et d’intervention provincial. Mis en œuvre par la Province, il est destiné à ce que toutes les disciplines (pompiers, aide médicale urgente, policiers ) s’exercent à faire face ensemble à une "catastrophe". Ce sont 250 personnes qui sont concernés par cette mise en scène, qui a nécessité une quarantaine de figurants, notamment pour tenir le rôle des 31 blessés. La plupart d’entre eux venaient d’école d’infirmiers. "Je suis étudiant infirmier en spécialisation SIAMU. C’est dans le cadre de ce cours qu’on nous a contactés. Cela nous permet de voir le vécu d’une victime et des intervenants de santé, d’être à la place des gens, mais avec du recul", explique Erikson, qui a le visage et le bras décorés d’égratignures réalisées avec soin par le sergent-major Ruche, à l’aide de faux sang ou de colle.

Le scénario devait particulièrement mettre à contribution la composante médicale. "C’est pour cela qu’il y a des blessés à l’arme blanche, pour les infirmiers urgentistes, explique Jean-Marie Duquaine, du Comité de pilotage. Si c’est à LLN, c’est que la Ville d’Ottignies vient de faire approuver son plan d’urgence communal. Et l’UCL est toujours partie prenante en cas d’urgence." La localisation de l’exercice dans les parkings, précise-t-il, ne simplifie pas les choses, en raison de l’obscurité ou encore de la difficulté de fonctionnement des télécommunications, qui implique la demande d’un "support" pour le réseau Astrid

Pour l’Université catholique de Louvain, c’est aussi un moyen de tester son action en cas d’urgence. "Nous avons des exercices d’évacuation ou autres, au moins une fois par an, explique Diane Vercruysse, chargée de communication à l’UCL. Et il y a d’autres occasions de tester nos procédures, comme les 24 heures vélo ou d’autres gros évènements. Nous accueillons aussi d’importantes personnalités. Nous avons un service interne de sécurité, qui travaille en collaboration avec la police d’Ottignies. En cas de venue de personnalité, par exemple, la police prend alors en charge ce qui se passe sur la voie publique, et nous à l’intérieur des bâtiments." Mais l’exercice-catastrophe de ce jeudi a un avantage : "Ici, la configuration est différente. Car il y a une coopération avec la Province et la Ville. Cela a beaucoup plus d’ampleur et permet de tester les interactions avec la Ville et la Province, et pas seulement nos procédures internes. On va surement en retirer des enseignement."

L’université possède son propre dispatching central. Ce numéro interne est le 22-22, "bien connu" du personnel et des étudiants, dit Roger Peeters, du service sécurité. Nous recevons les alertes et appels au secours. On peut alors déclencher les procédures prévues. Nous sommes en fait la courroie de transmission, continue M. Peeters, qui considère que posséder ou faire appel à ce dispatching n’est pas une étape supplémentaire qui ralentirait l’arrivée des "véritables" secours. "Nous avons un personnel formé, briefé, avec des appariteurs en local, dans tous les bâtiments, une équipe technique, qui va pouvoir visualiser, analyser et évaluer la situation. Et lever les doutes, ce qui permettra de ne pas faire appel aux pompiers en cas de fausse alerte ! Et puis l’université, c’est assez complexe. Nous apportons une aide pour le guidage des "disciplines". On a bien connaissance des bâtiments. On a du personnel formé pour apporter une logistique aux disciplines officielles." Le plan d’urgence interne de l’UCL reste confidentiel, nous dit-on encore. Lors de l’exercice, en tous cas, les victimes ont été transportées vers le poste médical dressé au centre sportif de Blocry. "Il s’agit du lieu de rassemblement des victimes prévu par le plan d’urgence de la Ville d’Ottignies et la Province, note Jean-Marie Duquaine. Hier, un des buts de l’exercice était aussi de montrer la nécessité pour la Province du Brabant wallon de disposer de son propre poste de commandement opérationnel mobile, soit un container de matériel permettant de mettre sur pied un centre de crise pour accueillir les chefs des 5 disciplines sur le terrain. "Car actuellement, nous devons faire appel à celui de la protection civile de Crisnée qui met une heure pour arriver. En attendant, les coordinateurs des actions sur le terrain se sont déjà installés." explique le commandant des pompiers de Wavre, Philippe Vos de Wael. Un centre de crise est également prévu à l’Hôtel de la gouverneure à Wavre, d’où un débriefing à chaud (voir épinglé) a été réalisé hier, en fin de journée.

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