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Mobilité durable
Ne dites pas "Tuk tuk" mais "Gumba" !
Stéphanie Bocart
Mis en ligne le 08/08/2008
Ce n'est pas pour parler de dialogue de communauté à communauté, de finances bruxelloises ou de projets d'infrastructures dans le cadre du Plan de développement international de Bruxelles (PDI) que le ministre-président bruxellois Charles Picqué (PS) a convié hier matin la presse, mais bien pour présenter "une nouvelle initiative sympathique et ludique" en matière de mobilité durable.
Jeune entreprise bruxelloise innovante, GreenDMedia a proposé à la Région bruxelloise d'expérimenter le concept du "Gumba" pour "Green Urban Mobile Advertising". Plus clairement, le "Gumba" s'inspire du système asiatique des Tuk tuk (tricycle motorisé servant généralement de taxi, NdlR). Sa particularité ? "Ce triporteur est moderne, écologique et silencieux", explique Gauthier Van Reepinghen, concepteur et managing director de GreenDMedia. Ecologique et silencieux car il fonctionne à la force des mollets de son conducteur. "Un petit moteur électrique est toutefois prévu en appoint vu le dénivelé de notre capitale. Le moteur est à charger chaque soir. Il est 100 pc écologique", ajoute le jeune entrepreneur.
Gratuit et pour tous
Si le concept du Gumba existe déjà dans d'autres villes européennes telles que Berlin sous le nom de "Vélotaxi", il s'agit d'un service payant. "A Bruxelles, l'utilisation du Gumba est gratuite !", insiste Gauthier Van Reepinghen. "Et s'adresse à tous les citoyens : les personnes sensibilisées à l'environnement; les amoureux pour une balade romantique; les touristes qui souhaitent découvrir Bruxelles d'une autre façon; les travailleurs qui veulent éviter les embouteillages ou encore celles et ceux qui veulent regagner leur véhicule garé trop loin". Mais plus que tout, c'est la notion d'écologie et de développement durable qui sous-tend cette initiative. "L'objectif est de montrer qu'il y a moyen de se déplacer sans polluer", affirme Gaëtan Van Reepinghen. On notera par ailleurs que ces petits engins servent également de support publicitaire à des annonceurs, "ce qui permet de faire vivre ce projet", souligne Gaëtan Van Reepinghen. Chaque "bolide" coûte en effet la bagatelle de 8000 euros ! "Entendons-nous bien", ajoute pour sa part Charles Picqué, "il ne s'agit pas d'un moyen pour faire de la pub détournée mais bien d'offrir un service gratuit pour promouvoir l'image de la capitale".
Les Gumba effectuent de fait quatre parcours déterminés au départ des quartiers les plus urbains et animés de la capitale : autour du BIP (Brussels Information Place) (quartier du Mont des Arts), des Halles Saint-Géry, de la Toison d'Or, et de la place Flagey. Le principe d'utilisation ? Il est très simple. Chaque Gumba peut prendre à son bord deux passagers - qui l'auront hélé de la main - et s'arrête le long du parcours à la demande de ceux-ci. "Il n'y a aucune concurrence avec les taxis et les transports en commun puisqu'il s'agit de trajets courts de 2 à 3 km et fixes", indique Gauthier Van Reepinghen. Quant à l'entretien des véhicules, il est assuré par Touring Secours, partenaire du projet. "Chaque triporteur est équipé d'un kit de réparation", rapporte Danny Smagghe, manager external affairs and communication chez Touring. "Pendant un an, Touring pourra réaliser un maximum de cinq interventions par véhicules : remplacement de phares, chaînes, batteries et réparation des moteurs électriques".
Les dix premiers Gumba sillonneront la capitale dès le 28 ou 29 août, de 8 h à 20 h. Si l'expérience s'avère concluante, leur nombre pourrait être, à terme, porté à 50. Charles Picqué se montre déjà confiant : "je pense que la ville de demain est une ville où des véhicules alternatifs seront promus et que des initiatives comme celles-ci vont se multiplier".
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