La pollution de la Senne était prévisible

Le décès en grand nombre des poissons dans la Senne résulte du conflit entre le gouvernement bruxellois et l'exploitant de la station d'épuration des eaux de Bruxelles-Nord.

BELGA
La pollution de la Senne était prévisible
©Photonews

Selon l'exploitant de la station d'épuration des eaux Aquiris, les pompes de la rive droite ont été mises à l'arrêt le 25 novembre. La société bruxelloise de gestion des l'eau (SBGE) et le gouvernement bruxellois ont été avertis à ce moment-là.

En d'autres termes, selon les journaux, près de trois semaines se sont écoulées avant le premier déversement d'eaux usées et la réaction de la ministre bruxelloise de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo).

On ignore encore précisément pourquoi Aquiris a mis ses installations à l'arrêt. Selon la parlementaire bruxelloise Els Ampe (Open Vld), il s'agirait d'un problème de sable dans la station d'épuration des eaux. Depuis plusieurs mois, une polémique est en cours concernant les frais d'installation d'un filtre à sable supplémentaire: la Région et le constructeur de l'installation, la société française Veolia, refusant chacun de financer le coût d'installation. La station aurait été mise à l'arrêt pour prévenir des dégâts supplémentaires.


Les inspecteurs sur place lundi en fin de la matinée Les inspecteurs dépêchés par la Région bruxelloise pour analyser les raisons de la mise à l'arrêt de l'imposante station d'épuration des eaux située au nord de la capitale seront sur les lieux lundi en fin de matinée, a indiqué le cabinet de la ministre bruxelloise de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck. Ils feront ensuite rapport à la ministre qui ne s'exprimera pas publiquement avant une conférece de presse organisée à son cabinet à 15h30, a précisé son porte-parole. La station inaugurée en mars 2008 et théoriquement en mesure de traiter les eaux usées de l'équivalent d'1,1 million d'habitants est à l'arrêt depuis plusieurs jours à la suite d'un "problème technique" au sujet duquel l'exploitant, le consortium Aquiris, n'a jusqu'à présent livré aucune explication précise. La conséquence est que, comme jusqu'à la mise en route progressive de la station, les eaux usées de la population bruxelloise sont rejetées dans la Senne, un petit cours d'eau qui retrouvait progressivement vie, depuis quelques mois. La station est la plus grande du pays. Au moment de sa mise en exploitation, elle était la plus grande unité du genre à appliquer une technique de traitement dite d'"oxydation par voie humide" pour faire disparaître une très grande partie des composants organiques, sans recourir à l'incinération. La technique a été longuement utilisée aux Etats-Unis avant d'être expérimentée en Europe, mais dans des unités de taille plus modeste.

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