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Environnement | Politique de l’eau

La station Nord à l’arrêt

St. Bo.

Mis en ligne le 15/12/2009

L’exploitant de la station, Aquiris, invoque la présence de tonnes de gravats.

Depuis le 8 décembre, la station d’épuration Nord de Bruxelles, sise à Haren, est complètement à l’arrêt (LLB 14/12). Inaugurée en mars 2008, elle traite les eaux usées d’un million de Bruxellois. Revenons d’abord sur les différents acteurs de la station. Sa construction et son exploitation ont été confiées par la Région bruxelloise à Aquiris (filiale de Veolia Environnement) tandis que la Société bruxelloise de gestion de l’eau (SBGE) veille à la bonne exécution du contrat et paie par annuité les services d’épuration. Bruxelles Environnement préside, pour sa part, au respect du permis d’environnement.

D’où vient le nœud du problème ? "Depuis plusieurs mois, Aquiris prétexte que la qualité des eaux entrantes n’est pas conforme à ce qui était prévu dans le cahier des charges initial, lorsque la Région lui a confié la responsabilité de construire et d’exploiter la station d’épuration de Bruxelles-Nord" , explique la ministre de l’Environnement Evelyne Huytebroeck (Ecolo). Par ailleurs, "depuis des mois, Aquiris est en défaut de mandater un bureau d’étude pour confirmer ses dires" . La SBGE s’est donc substituée à Aquiris pour faire réaliser ce rapport. Les résultats ? "Le rapport démontre que la qualité des eaux entrantes est restée identique" , indique la ministre.

Mais le 25 novembre dernier, la SBGE est informée que l’un des trois collecteurs va être fermé, sans que cela n’implique une fermeture de la station. Or, quelques jours plus tard, le 8 décembre, Aquiris annonce par fax à la SBGE sa décision d’arrêter totalement la station d’épuration en raison de "l’afflux massif de gravats dans le sas de sécurité situé à son entrée" , souligne l’administrateur délégué d’Aquiris, Charles Lénès. La station d’épuration est, en effet, équipée d’une chambre de sécurité pourvue de capteurs permettant d’isoler la station en cas de présence de gaz, d’hydrocarbures et de toute autre substance à risques pour la sécurité des installations et du personnel. Selon Charles Lénès, il a été constaté que les vannes de cette chambre ne pouvaient plus être fermées en raison de la présence de plusieurs tonnes de gravats.

Du côté de la Région, en revanche, la ministre déclare : "La SBGE a interrogé par lettre du 9 décembre Aquiris pour connaître le lien entre les faits invoqués et la nécessité d’un arrêt complet de la station. A ce jour, Aquiris n’a pas répondu à notre demande." Aquiris répond pour sa part que la Région a été avertie à plusieurs reprises de ce problème d’afflux de gravats, situés en amont de la station, mais "le concédant met du temps à réagir" .

Hier matin, des inspecteurs de la SBGE se sont rendus sur place afin de jauger la situation. "La chambre de sécurité est nettoyée et propre. Mais il y a bien des déchets (briques et sables) amoncelés sur 25 m de long et 40 cm de haut dans le tuyau de raccordement de la rive droite de la station" , rapporte l’un des inspecteurs. Toutefois, "il n’y a aucun lien de causalité objective entre la fermeture de la station et la cause invoquée" , souligne Philippe Debry, président de la SBGE. "L’eau peut encore s’écouler et la station pourrait encore fonctionner. Il n’y a que 25 m3 à 40 m3 de déchets à éliminer. C’est l’affaire d’un à trois jours." Et Evelyne Huytebroeck d’enchaîner : "A moins qu’il n’y ait d’autres problèmes de construction ou de conception, je ne peux pas imaginer qu’Aquiris ferme complètement la station." L’administrateur délégué d’Aquiris insiste, lui, sur le fait que le fonctionnement de la station n’est "nullement en cause" .

Pour l’heure donc, les protagonistes se renvoient la balle. "Le contrat passé entre la Région et Aquiris doit être respecté. Sinon, Aquiris devra payer des pénalités financières" , assure la ministre. Et même si les deux parties souhaitent résoudre la situation "le plus rapidement possible" , les dégâts environnementaux sur les trois cours d’eau (Rupel, Senne et Escaut) où sont déversées les eaux non traitées sont "une catastrophe" , dénonce l’association Bond Beter Leefmilieu (BBL).

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