Abonnez-vous a La Libre Belgique

Égalité Homme-Femme

Le test de genre à la sauce bruxelloise

R.M.

Mis en ligne le 09/03/2010

Un projet d’ordonnance vise à améliorer l’égalité homme-femme.

Elle n’est, selon Bruno De Lille, le secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité des chances à Bruxelles, pas "violente" , mais plus "subtile" et " imprégnée" à tous les étages de la société. "La discrimination envers les femmes reste une réalité dans la capitale" , explique l’élu Groen !. " A titre d’exemple, 70 % des personnes se trouvant en situation de pauvreté à Bruxelles sont des femmes."

Le travail ne manque donc pas pour le secrétaire d’Etat qui a encore pu le remarquer lors de la récente Conférence des Nations unies sur les droits de femmes à New York. "Certains pays conservateurs ont voulu remettre des acquis en question, comme le droit d’avorter en toute sécurité ou l’attention portée à la lutte contre le Sida. Mais, avec les deux autres ministres belges présents, nous avons fait bloc."

Reste que, selon M. De Lille, rien ne servait d’aller prêcher la bonne parole aux Etats-Unis, "t out en ne mettant rien de plus en place à Bruxelles". D’où le projet d’ordonnance lancé par ce dernier et destiné à mesurer l’impact de toute décision à un test de genre, le "gender mainstreaming". "Au départ d’un projet, mes collègues sont toujours d’accord d’y intégrer la notion d’égalité homme-femme, mais au final, cette bonne intention est vite oubliée et ne devient jamais une réelle priorité", explique Bruno De Lille. Avec cette nouvelle ordonnance, plus question d’y couper : la problématique de l’égalité homme-femme sera au centre de toute décision politique. Les ministres bruxellois devront également rendre compte chaque année de leurs actions en la matière dans une note annexée au budget.

Egalement en charge de la Mobilité et de la Fonction publique, M. De Lille veut montrer l’exemple. "Les femmes utilisent moins les transports en commun après 20 h et également moins le vélo pour des questions de sécurité. On doit travailler là-dessus en multipliant les campagnes de sensibilisation et en adaptant les infrastructures et les itinéraires." En matière de Fonction publique, le secrétaire d’Etat veut "éclater le plafond de verre" existant dans le secteur. "Aujourd’hui au ministère de la Région bruxelloise, aucune fonction dirigeante supérieure à celle de directeur n’est occupée par une femme."

Le management "intermédiaire" inquiète également le secrétaire d’Etat. "Avec une proportion de 13 % de femmes, ce n’est pas non plus un modèle de participation à part entière du genre féminin." Bruno De Lille veut, dès lors, encourager la gent féminine à participer à des formations relatives au management. "Il y a trop souvent pour les mères de famille des problèmes d’horaire qui les empêchent de se lancer dans ce type de formations qui se déroulent généralement en soirée."

"Cordialement invités" à en faire de même, les autres ministres bruxellois ont aussi dressé la liste des initiatives à prendre dans leurs compétences respectives. Une proposition vise ainsi à faire des femmes un groupe cible dans les contrats de quartier. "Jusqu’à présent, les infrastructures récréatives et sportives de proximité y sont presque exclusivement conçues en fonction d’activités exercées par les jeunes garçons (basket, foot, skate-board )", expose Bruno De Lille.

Favoriser l’accès des femmes aux métiers tels qu’ouvrier ou garde forestier auprès de l’IBGE (actuellement, aucune femme n’occupe ces fonctions) ou encore prévoir davantage de places en garderies pour les enfants des femmes demandeuses d’emploi ("afin que celles-ci puissent se concentrer à 100 % sur leur recherche d’un job") sont autant de projets proposés par les ministres.

De belles intentions, mais sans objectifs chiffrés. Du moins pour l’instant. "Nous manquons de chiffres, mais l’intégration des statistiques en matière de genre dans les tableaux de bord et dans les rapports annuels des ministères sera bientôt une réalité. On pourra alors avancer de manière plus concrète", poursuit Bruno De Lille, pas "très chaud" à l’idée d’instaurer des quotas pour améliorer la représentativité des femmes à certains postes ou professions. "Ce serait là une mesure ultime, si l’on se rend compte que rien ne bouge. Mais personnellement je n’y suis pas trop favorable. Ce n’est pas avec un "canon" qu’on fait avancer les choses, mais en arrivant à convaincre les autres."

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page