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Tourisme | Chambre d’hôte

Un hôte dans la ville

Mis en ligne le 20/07/2010

Quelque 240 familles bruxelloises ouvrent leurs maisons. La convivialité est le maître mot de cette pratique devenue citadine.

Chacun sa route, chacun sa maison mais le temps d’une ou plusieurs nuits, mon chez moi devient chez toi". Tel pourrait être le slogan arboré par les propriétaires de chambre d’hôte. Rurale à l’origine, cette formule d’hébergement tient les clefs du succès : chaleur humaine, générosité et économies. Le nombre de ces Bruxellois partageant leur patrimoine immobilier avec des voyageurs de passage dans la capitale est grandissant.

Combler une chambre laissée vide, arrondir les fins de mois ou réaliser une envie, les motivations sont variées. Pour plaire, certains sont disposés à faire preuve d’imagination voire de réelle fantaisie. Jean-Pierre Dooms et Carole De Nijs, les propriétaires de la maison d’hôte "Les Taillis" en sont l’exemple. Située à deux pas de la gare de Watermael, leur maison datant de 1877 est un véritable sanctuaire où revivent mille objets d’une époque révolue. Le pas-de-porte passé, le temps semble s’être arrêté au 19e siècle. Dans le salon, une collection de carafes en verre reflète les dorures des cadres de reproductions d’Alfons Mucha. Les femmes immortalisées par l’artiste tchèque côtoient le buste en marbre d’un personnage oublié dont le regard croise celui d’une armure posée dans le couloir.

A voguer d’une pièce à l’autre, on se retrouve nez à nez avec la maquette d’un bateau qui semble tout droit tirée de la bande dessinée "Tintin et le Secret de la Licorne". Mais la référence à la fiction ne s’arrête pas là. Pour peu, on se ferait prendre par la main par le capitaine Nemo et emmener dans le sous-sol de la maison surnommé innocemment le Nautilus. Un temple dédié à l’univers maritime et à Jules Verne. "Enfant, j’ai été fasciné par la lecture de "Vingt mille lieues sous les mers". Cela a mis trois à quatre ans pour aménager la cave en véritable sous-marin", confie Jean-Pierre Dooms, notaire de formation.

Depuis trois ans, ses propriétaires sexagénaires louent deux chambres de leur maison, dont l’une se situe dans le sous-sol aménagé. "Nous tentons d’offrir un service digne d’un hôtel. Des sanitaires sont annexés aux chambres et chaque hôte reçoit un petit-déjeuner", explique Jean-Pierre Dooms.

En soirée, l’inconditionnel de Jules Verne troque même son fauteuil de notaire pour un tablier de chef-coq afin de sustenter ses hôtes. Cette formule d’hébergement tente plus d’un touriste ou d’un homme d’affaires. Et les échos s’en ressentent. "Les Taillis" accueillent cinq à sept personnes par mois et les commentaires qui noircissent les pages du livre d’or trônant dans la salle à manger illustrent l’engouement des visiteurs. Des plumes de San Francisco, de Québec, de Porto ou de Stuttgart y ont laissé une trace, comme celle-ci : "Calme, douceur, beauté, un endroit de rêve après l’agitation de la ville. Merci pour vos intentions".

Mais si aménager une ou plusieurs chambres de sa maison est une chose, se faire connaître auprès du public en est une autre. Une agence bruxelloise, dénommée "Bed&Brussels", a flairé la bonne affaire et se charge depuis 14 ans d’organiser les séjours en chambres d’hôte dans la capitale. En prélevant une commission de 25 à 30 % sur le prix payé par les clients, elle répertorie, évalue la qualité, fixe le tarif d’une chambre et s’occupe directement des réservations évitant aux propriétaires pile de paperasseries. "Ce système d’hébergement possède de nombreux avantages, notamment pécuniaires. Les prix, qui oscillent de 55 à 130€, sont dégressifs en fonction de la durée du séjour et du nombre de personnes logées. De plus, les tarifs ne varient pas entre la semaine et le week-end, contrairement à ceux des hôtels", explique Olivier Poulaert, l’un des créateurs de "Bed&Brussels".

Vivre chez l’habitant, c’est donc s’éloigner de l’individualisme des hôtels pour aller à la rencontre des citadins, de leur convivialité et de la culture bruxelloise. Décider d’ouvrir une chambre d’hôte, c’est partager une part de son intimité mais surtout pratiquer la politique de la maison ouverte.

F.L. (st.)

http://www.bnb-brussels.be

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