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Politique | Énergie

"Bruxelles prête pour l’énergie verte"

Stéphanie Bocart

Mis en ligne le 09/09/2010

La consommation énergétique des Bruxellois a baissé de 12 % en quatre ans.

Si les négociations sous le pré-formateur sortant ont évolué en dents de scie, il est néanmoins acquis que le visage de notre pays va subir un profond lifting. Et certains responsables politiques voient en la réforme de l’Etat "une opportunité" à saisir. C’est le cas de la ministre bruxelloise de l’Energie Evelyne Huytebroeck (Ecolo) qui voit plutôt d’un bon œil "la question de la responsabilité des entités fédérées et des Régions dans certaines matières comme l’emploi ou l’énergie".

"Bruxelles est déjà fortement responsable en matière d’énergie. Qu’il y ait une responsabilité plus forte avec un lien au financement des Régions, nous y sommes favorables, car cela témoigne de l’importance qu’ont les questions environnementales. Responsabiliser les Régions par rapport à des objectifs, je trouve cela plutôt positif", se réjouit Evelyne Huytebroeck, qui se déclare "preneuse de plus de responsabilité, d’autant que, depuis quelques années, on a mis en place tous les outils pour pouvoir encore mieux nous déployer".

Ces outils ont essentiellement été implémentés sous la précédente législature. Ils se déclinent en trois volets : 1° l’information via des formations, les facilitateurs, les primes énergie, etc.; 2° la réglementation via l’ordonnance sur la performance énergétique des bâtiments (PEB); 3° les réalisations concrètes, comme les bâtiments exemplaires (NdlR : soit actuellement 117 bâtiments qui représentent 267 000 m2).

L’arsenal a également été complété par diverses initiatives telles que le programme Plage (Plans locaux d’action pour la gestion énergétique) dans les communes et hôpitaux ou encore le Défi énergie pour les ménages (NdlR : aider des familles à agir sur leur comportement pour réduire leur facture énergétique). "Nous avons créé une dynamique. Le processus est en cours. A présent, nous devons changer d’échelle", commente la ministre.

C’est là tout le challenge de cette nouvelle législature. "Nous avons voulu un accord de gouvernement ambitieux, et il l’est", rappelle l’élue Ecolo. Avec, à la clé, un calendrier : d’ici 2010, aux pouvoirs publics de montrer l’exemple. Toute nouvelle construction doit être réalisée en passif. "Une obligation qui s’appliquera à tous pour 2015."

Au menu encore : la mise sur pied de la maison de l’Ecoconstruction et, "au-delà des primes énergie qui permettent d’allumer la mèche", indique Mme Huytebroeck, l’accompagnement des particuliers qui souhaitent réduire leur consommation énergétique. La réglementation en matière de PEB sera en outre renforcée. "Deux arrêtés sont en 3e lecture, à savoir 1° l’obligation pour les bâtiments publics d’afficher leur performance dès le début 2011, et 2° la réglementation "chauffage" en application dès 2011, c’est-à-dire donner une garantie de qualité sur les prestations des chauffagistes, maintenir l’obligation d’entretien pour les chaudières au mazout, imposer l’entretien des chaudières au gaz et mettre en œuvre l’obligation européenne de procéder tous les 15 ans à un audit des chaudières", détaille Grégoire Clerfayt, conseiller énergie au cabinet Huytebroeck. Rappelons en effet qu’à Bruxelles, ce sont les bâtiments, et principalement le chauffage, qui représentent le secteur le plus énergivore.

"Un audit sera également bientôt obligatoire pour les bâtiments de plus de 3 500 m2 tout comme la mise en œuvre d’un "plan énergie" pour les grands gestionnaires de patrimoine", complète Evelyne Huytebroeck. Soit une sorte de programme Plage obligatoire (au plus tôt en 2012) pour les entités qui disposent de grands bâtiments publics à Bruxelles (Etat fédéral, Communautés française et flamande, Europe, etc.). "Bruxelles est prête à prendre ses responsabilités en matière d’énergie, mais en tenant compte de sa spécificité (centre urbain, forte densité ). Et les entités qui possèdent de grands bâtiments publics doivent aussi prendre leurs responsabilités", avance Evelyne Huytebroeck.

Pour la ministre, certes, "on a du pain sur la planche", mais "Bruxelles a gagné en crédibilité, et son expérience en matière d’énergie commence à se faire connaître". Et à porter ses fruits : entre 2004 et 2008, la consommation énergétique des Bruxellois a baissé de 12 % tandis que les émissions de CO2 ont régressé de 7 % entre 1990 et 2008.

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