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Série Portrait (4/5) | Être Australien à Bruxelles
"Je souhaite devenir Belge !"
J.B (st.)
Mis en ligne le 09/09/2010
Ah l’Australie Son soleil, sa grande barrière de corail, ses vagues, ses étendues désertiques à perte de vue Cela en fait rêver plus d’un, hein ? Pourtant, certains Australiens quittent leur île pour s’expatrier aux quatre coins du globe. Certains osent même s’aventurer jusqu’au cœur de la grisaille bruxelloise, et c’est le cas de Lydia Makaroff, notre hôte du jour.
Cette jeune Australienne, nous reçoit chez elle, au 11e étage d’un appartement "cosy", à deux pas de la porte de Hal. A l’intérieur, la décoration est sobre, rien qui ne puisse lui rappeler son Canberra natal. Seuls quelques indices la trahissent : deux ou trois photos, une étagère garnie de livres du pays et un décapsuleur avec un manche bien particulier "C’est un scrotum de Kangourou", précise la jeune femme, impassible, après avoir croisé notre regard intrigué.
Un peu de sérieux, revenons à Canberra. Lydia y a passé son enfance et effectué ses études. "C’est un lieu très agréable pour grandir. Mais c’est une zone un peu isolée."
En quête d’évasion, Lydia et son mari décident donc de migrer aux Etats-Unis. Mais, en 2008, après plusieurs années passées à Seattle, le couple a de nouveau la "bougeotte". "Nous ne supportions plus le système social américain. Il y a un énorme fossé entre les riches et les pauvres.."
L’option belge ne s’est pas imposée directement. Le couple a longuement hésité avant de poser ses valises à Bruxelles. Sur le papier, la cote de la ville était même faible. "Adrian a eu 4 propositions de jobs dans 4 villes différentes. Au départ, Londres et Montréal avaient notre préférence. Pour faire notre choix, nous avons décidé de visiter chaque ville. " Pour être totalement sûrs de leur destination, les deux tourtereaux ont, surtout, établi une véritable méthode scientifique en créant un tableau statistique à partir de différents critères : la perspective d’emploi, le climat, le coût de la vie En comparant les avantages et les inconvénients de chaque ville, c’est finalement Bruxelles qui l’a emporté. "Cela peut paraître étrange. Nous sommes tous les deux scientifiques, nous voulions prendre notre décision par rapport aux faits."
Installé maintenant à Bruxelles depuis un an et demi. Le couple continue de croire qu’il a été bien inspiré de faire confiance à la science. "Nous adorons être ici. Nous voulions vivre dans une ville multiculturelle. J’ai un travail qui me passionne. Surtout, j’apprends le français." Assidue, Lydia suit des cours, trois heures par semaine. La jeune femme hésite pourtant encore à parler "En Australie, il n’y a pas de cours de langue vivante obligatoire à l’école. Tout le monde parle anglais. Mon oreille a des difficultés à comprendre ce que l’on me dit", explique-t-elle, un peu gênée.
Lydia et son mari, qui "adorent voyager", apprécient beaucoup le fait de pouvoir traverser le pays en très peu de temps. "C’est très agréable de pouvoir vivre sans voiture, de traverser le pays en deux heures. Surtout, nous sommes seulement à quelques heures de villes magnifiques comme Paris ou Londres" Il faut dire qu’au niveau de la superficie, l’Australie, c’est environ 521 fois la Belgique
Très peu de choses dérangent Lydia et son mari, ici. Quand on lui pose la question, Lydia hésite, d’ailleurs, un bon moment avant de répondre : "Les magasins sont fermés le dimanche à Bruxelles. Je travaille beaucoup. Ce n’est vraiment pas pratique", regrette-elle. Le mauvais temps, si cher à Bruxelles, en revanche, ne la gêne pas. "Je le trouve le climat plus dur à supporter en Australie. En été, il fait jusqu’à trente degrés la nuit, c’est impossible d’ouvrir les fenêtres avec les moustiques."
Lydia a néanmoins de temps en temps le mal du pays. Sa famille et ses amis lui manquent, bien sûr. Mais ce sont surtout certains petits détails qui la rendent un brin nostalgique "Il y a le chant des oiseaux qui me réveillaient à Canberra. Et puis, surtout, il y a Noël. En Australie, on a l’habitude de la fêter au moment où l’été débute. Cela me fait très bizarre que cette période tombe en plein hiver."
En dépit de cela, le couple commence petit à petit à s’enraciner au plat pays, même si les liens créés avec la population tardent à se tisser. "La plupart de nos proches, ici, sont des expatriés comme nous. Les Belges, eux, ont déjà leur cercle d’amis." Lydia et son mari ont également très peu de contacts avec leurs compatriotes australiens de Bruxelles, car "ces derniers ne restent, en général que très peu de temps ici." L’Australienne pose d’ailleurs souvent la même question aux personnes qu’elle rencontre. A savoir, la durée pendant laquelle la personne entend s’établir à Bruxelles. "Nous souhaitons nous investir durablement dans ce pays. Dans deux ans, je souhaite obtenir la nationalité belge, mais surtout m’investir en politique au niveau de l’Union européenne." La politique belge, qu’elle commence pourtant à connaître, ne l’attire pas
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