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L’art du graffiti mis en valeur
Mis en ligne le 01/07/2011
Les graffeurs s’étaient donné rendez-vous hier, sur le site de Cityscape, pour inaugurer avec les autorités communales les premiers murs d’expression libre d’Ixelles. "Il s’agit d’un projet pilote, explique Delphine Bourgeois (MR-FDF), échevine de la Propreté et de la Qualité de vie. A long terme, Bruxelles et Ixelles comptent proposer aux graffeurs des panneaux d’expression tout au long de ce qu’on appelle la "colonne vertébrale". Ce parcours, fort prisé par les tagueurs, prend sa source à Bruxelles centre et remonte vers l’ULB, en passant par la porte de Namur, la chaussée d’Ixelles et la place Flagey."
Depuis quatre ans, le nombre d’interventions répressives à destination du vandalisme urbain a triplé. Si la brigade de la "cellule tag" a lancé ce projet en collaboration avec la commune, c’est parce qu’elle pense qu’il manquait un certain équilibre entre la répression et la reconnaissance artistique. "Il faut reconnaître un certain talent et beaucoup de créativité chez nombre de ces jeunes, dont certains réalisent de véritables fresques urbaines, explique Jean-Marc Huart, inspecteur principal de la Celtag. Le problème, c’est que comme ils doivent agir dans la clandestinité, ils n’ont pas le temps de laisser libre cours à leur talent, et on se retrouve avec pleins de petits tags qui relèvent plus du vandalisme que de l’expression artistique."
Selon lui, ce nouveau projet relève à la fois d’un paradoxe et d’un pari. "Le paradoxe, c’est que l’on met en valeur dans ce projet une action illicite. Mais ce qui est important c’est de réussir à réunir autour de la même table à la fois les autorités publiques, les firmes privées qui sont le plus souvent victimes - comme la SNCB, la Stib, Belgacom - et surtout les graffeurs, qui ont leur mot à dire dans l’avancée du projet." Et ainsi éviter le phénomène parisien Depuis que la capitale française a opté pour la tolérance zéro à l’égard des tagueurs, l’activité a connu une croissance de 20 %.
Ce projet résulte aussi de la volonté d’offrir une véritable reconnaissance artistique au travail de ces jeunes; et d’ainsi désamorcer en partie le conflit avec l’espace public. "Selon moi, ça ne résoudra pas le problème, explique un tagueur au "blaze" d’Oscar. L’activité de tagueur ne peut réellement s’accomplir que dans la rue. On choisit notre espace publicitaire, c’est ça le charme du tag." Oscar a déjà été arrêté plusieurs fois. Couvert de dettes, il ne pratique aujourd’hui plus le graffiti sauvage et profite de ce genre de manifestation pour laisser libre cours à son art. "C’est très bien d’offrir des espaces comme ici, mais ce n’est pas vraiment du tag "
Le graffiti est une activité artistique qui conquiert aujourd’hui un public de plus en plus large. Reconnue dans le milieu de l’art, ses manifestations publiques se multiplient. A l’image de cette "Explosition" sur l’art urbain bruxellois, qui a lieu au musée d’Ixelles jusqu’au 4 septembre (voir LLB 21/06).
J.Pi (st.)
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