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Bruxelles, ville de journalisme
Christian Laporte
Mis en ligne le 30/01/2012
C’est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Que notre jeune lectorat ou nos confrères/consœurs plus juvéniles ne nous accablent pas de leurs sarcasmes car, oui, vraiment l’âge d’or de la presse bruxelloise est dans le passé Il le fut jusqu’à ce que sous l’influence des rationalisations, modernisations et autres transferts d’actionnaires, l’on déménage les rédactions dans des bâtiments modernes, voire pire encore, comme c’est le cas pour nos confrères flamands, vers la périphérie peu riante.
Un comble : alors que la Flandre ne cesse de répéter que Bruxelles est sa capitale, toutes les gazettes qui comptent à l’exception du "Morgen" installé près du canal et le "Tijd" qui se trouve à Tour&Taxis se sont toutes expatriées vers des zones industrielles près du ring. Quant aux navires-amiraux francophones, l’on sait que le groupe IPM a délaissé le boulevard Jacqmain pour la rue des Francs alors que le groupe Rossel a troqué ses mythiques bâtiments de la rue Royale et de la place de Louvain pour un immeuble "clean" où rôde bien moins l’esprit de Victor Rossel. Mais il n’y avait pas que les rédactions Les rues qui en étaient proches vivaient aussi de la ruche bourdonnante journalistique à commencer par moult "stamineïes" et autres établissements où ils refaisaient le monde avant ou après de confectionner le journal du lendemain. Mais Bruxelles-la-Journaliste, c’étaient aussi de superbes kiosques dont il ne reste plus guère de survivants. Et des vendeurs à la criée qui redoublaient d’ardeur les jours de grosses informations. Bien sûr qu’on n’y reviendra pas à l’heure du Net et de ce que l’on appelle pompeusement les réseaux sociaux - comme si à la folle époque de nos premiers émois journalistiques, nous n’en avions pas et des vrais, pas des virtuels ! - mais cela n’interdit pas aux curieux d’aller voir comment ça se passait dans un environnement encore optimiste. Cette occasion est donnée jusqu’au 18 mars à la Maison du Folklore et des traditions. Sous la houlette du Cercle d’Histoire de Bruxelles, on peut en effet y (re) découvrir comment la presse, principalement écrite occupait le terrain urbain. Il y avait les rédactions précitées - qui se souvient encore de la "Libre" à la Montagne aux Herbes potagères en face de la "Mort subite ? - mais aussi l’Agence et Messageries de la Presse, anciennement agence Dechenne installée près des rues du Persil et du Marais, à deux pas de la rue des Sables, haut-lieu de la presse de combat de l’Action commune socialiste ou du MOC. A travers des objets rares, des plans, des photos et bien entendu une foule de journaux en tous genres, c’est une bon "bock" de nostalgie qu’on vous convie à déguster. Non sans invoquer le bon Dieu ou le Grand architecte qu’il y ait bien toujours des journaux-papier
L’exposition est ouverte du jeudi au dimanche, de 13h à 18 h jusqu’au 18 mars inclus au 19 de la rue du Chêne.
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