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Un salon pour choisir son métier

P.Ha (st.)

Mis en ligne le 10/02/2012

Le “Village des métiers” promeut les emplois manuels auprès des jeunes.

Allez, chiche, on va voir la carrosserie", lance une élève enjouée à ses copines.

Ce jeudi, 350 étudiants bruxellois visitent le "Village des métiers", ouvert jusqu’à samedi à l’Espace formation PME d’Uccle. Une occasion de découvrir 13 professions techniques et manuelles différentes, avec la possibilité de tester en mettant la main à la pâte.

Tout est organisé pour que les élèves présents puissent avoir un réel aperçu des conditions de travail autour de divers ateliers. Fédérations de métiers et indépendants présentent leur savoir-faire, outils en main. D’un côté, les secteurs industriels et les artisans. De l’autre, les métiers de la vente et de l’informatique. Plafonneur d’argile, carreleur, chocolatier, chargé d’urbanisme etc., tous ont répondu à l’appel. Des caniches ont même été réquisitionnés pour le stand de toilettage canin.

Ici, pas de métiers réservés aux filles ou aux garçons. Le mot d’ordre, c’est la mixité. "Nous, on trouve ça normal, pourquoi est-ce qu’on ne pourrait être carreleuse ?", s’étonne une élève de l’Institut de la sainte famille. D’ailleurs, au rayon "art floral", Annemie Duchâteau, de l’Union des fleuristes de Belgique, explique que deux garçons ont été sélectionnés parmi les cinq finalistes du concours Euroskills, une compétition à l’échelle de l’UE pour les métiers manuels.

"Pour montrer que ces professions techniques sont ouvertes aux deux sexes, nous avons aussi mis tous les noms au féminin sur les panneaux de présentation", rapporte Dorothée Selle, attachée à la fédération de Wallonie.

En outre, l’accent est mis sur le développement durable, avec un stand de peintures naturelles. Une idée chère au ministre bruxellois de la Formation des classes moyennes, Benoît Cerexhe. Son ministère, en collaboration avec les régions wallonne et bruxelloise, cofinance ce salon des métiers. Une première à Bruxelles.

Actiris s’est aussi joint à l’opération et le village est accessibles aux demandeurs d’emploi en recherche de formation. Au total, plus de 850 visiteurs sont attendus ces prochains jours.

L’organisation autour d’ateliers séduit les jeunes présents. "Le mieux, c’est de pouvoir essayer pour de vrai", commente Salma, une élève de l’Institut saint Jean-Baptiste de la Salle. Avec ses copines, Aman et Sarah, elles ont préféré le stand esthéticienne et celui de coiffeuse. Des métiers traditionnellement réservés à la gente féminine. Malgré les efforts des services de formation, c’est toujours difficile de changer les mentalités.

Audrey Pesser, ouvrière en mécanique automobile, qui participe aussi au concours Euroskills, peut en témoigner. Elle est la seule à s’être présentée à l’épreuve de carrosserie.

"C’est dur d’être une fille en garage, mais il faut foncer. Moi, j’ai toujours voulu savoir réparer ma voiture seule." A l’entrée du village, des conseillers répondent aux questions des jeunes en leur fournissant de la documentation. Représentants du Forem, CFA, centres de références sont présents. "Pour une fois, on a réussit à dépasser nos clivages. Ce qui compte, ce sont les métiers", se félicite Dorothée Selle de la fédération wallonne de Bruxelles.

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