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Le CDH crée un emploi
Mathieu Colleyn
Mis en ligne le 30/08/2012
Actiris est l’organe de placement des demandeurs d’emploi bruxellois. Un parastatal comme on dit dans le jargon, travaillant pour le compte de la Région-Capitale. C’est elle qui lui dicte les grandes lignes de son action. Actiris est aussi, on le sait moins, un important pouvoir subsidiant. Chaque année, quelque 20 millions d’euros sont distribués à des partenaires externes en vue de résorber le chômage structurel qui sévit dans la capitale, selon le chiffre fourni à "La Libre" par son directeur général.
Un de ces subsides interpelle. La décision remonte à juin dernier où Actiris fut amené à se prononcer sur une série de projets rentrés dans le cadre d’un appel lancé en bonne et due forme. A côté d’autres acteurs associatifs, la Fondation Meurice s’est vue accorder un subside de 73 000 et de deux fois 104 000 euros pour les années 2012, 2013 et 2014. Très jolis montants. Dans un premier temps, il apparaît que cet argent servira surtout à financer le salaire du responsable du projet, Didier Fierens, par ailleurs candidat CDH à Etterbeek pour les prochaines élections communales.
Quel projet ? La réalisation d’un site Internet mettant en contact employeurs et demandeurs d’emploi dans le secteur du tourisme. Le site, selon les explications de Didier Fierens, sera animé par lui en permanence, de façon à effectuer une sélection optimale des candidats par rapport aux attentes des recruteurs. Première critique : ce "matching", jargon toujours, entre précisément dans les missions d’Actiris. Pourquoi l’externaliser ? Et ajouter encore un intermédiaire ? D’autant que le même projet avait en son temps été présenté au Centre de référence Horeca, organe sectoriel où siègent tant Actiris que les organisations syndicales et les représentants des patrons. Il avait alors été jugé non crédible, ridicule même. Et c’est un euphémisme. M. Fierens n’a pu, dit-on, démontrer ses compétences en la matière.
Surprise dès lors de voir réapparaître son projet via Actiris, et constater que celui-ci emporte la plus grosse part du gâteau de l’appel lancé au printemps 2012 par Actiris. " C’est du gâchis de dépenser de telles sommes de cette façon ", déplore Christian Bouchat, FGTB-Horeca, pour qui ces moyens doivent rester dans le giron public où à tout le moins être investi dans des projets solides. " Benoît Cerexhe s’est fait avoir dans ce dossier ", commente, Laurent Nys (candidat MR), représentant du patronat bruxellois de l’Horeca.
Et puis des soupçons s’installent. A-t-on surtout voulu donner du travail à Didier Fierens, avec l’appui du ministre CDH de l’Emploi, et donc de tutelle sur Actiris, Benoît Cerexhe (CDH) ? Un de ses anciens conseillers, et actuel numéro 2 de l’office régional de l’emploi, a en effet guidé Didier Fierens dans ses démarches. Cela fait beaucoup d’humanistes autour du dossier et les mauvaises langues persiflent. Le cabinet du ministre dément. Le projet a été choisi dans le cadre d’une procédure parfaitement transparente suite à une sélection opérée par un jury d’experts, plaide-t-on. Et puis s’il ne s’avère pas convaincant, son financement cessera, ajoute Grégor Chapelle (PS), directeur-général d’Actiris. Il défend lui aussi la procédure qui a remplacé le flou artistique du passé en ce qui concerne les subventions d’Actiris. Il s’agit d’un projet pilote, précise-t-il également, alors que l’organe bruxellois cherche justement à améliorer ses capacités de "matching" entre chômeurs et employeurs.
Enfin, c’est loin d’être le seul projet subsidié dont le responsable est coloré politiquement, ajoute-t-on dans l’entourage de Benoît Cerexhe. Didier Fierens croit dur comme fer à un projet "préparé depuis quatre ans". Il commencera à travailler depuis son domicile etterbeekois.



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