La Libre.be > Actu > Bruxelles > Article
Loisirs | Bruxelles-les-Bains
Bruxelles met un terme à ses Bains
Raphaël Meulders
Mis en ligne le 22/08/2009
Pas de douche froide cet été pour Bruxelles-les-Bains, qui, à la veille de son weekend de clôture, a déjà battu tous ses records d’affluence. "Le temps exceptionnel de ces derniers jours nous a bien évidemment aidés", explique le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Freddy Thielemans (PS), pour qui, sur ces cinq semaines de Bruxelles-les-Bains, les jours de pluie se sont comptés sur "les doigts d’une main". Certains après-midis, les organisateurs se ont ainsi retrouvés en rupture de stock de transat. "Il est toujours difficile de chiffrer l’affluence d’un évènement gratuit, poursuit l’échevin du Tourisme Philippe Close (PS), mais, selon nos estimations, entre 450000 et 500 000 personnes ont fréquenté les lieux." Soit une moyenne de 14000 "plagistes" par jour.
Ce succès de foule, l’échevin, venu tirer le bilan de cette septième édition, le voit comme un pied de nez à ses détracteurs. "Qui oserait encore dire que Bruxelles est une ville ennuyeuse ? Depuis le festival Couleurs Café en juin jusqu’à la Fiesta latina en septembre, il se passe tous les jours quelque chose dans notre capitale en été." Et Philippe Close d’énumérer les chiffres à la pelle. Au niveau sportif, les différents terrains (beach-soccer, beach-volley ) auront attiré plus de 5500 adeptes (soit une hausse de 12 % par rapport à 2008). 634 personnes ont emprunté des livres à la bibliothèque présente sur la plage, tandis que 250 jeunes ont participé chaque jour à des ateliers créatifs organisés le long du canal. Même succès pour les différents spectacles culturels. Côté médical, enfin, on compte une fracture, un problème cardiaque et une moyenne de vingt piqures de guêpes par jour.
Critiqué pour sa gestion et son tri des déchets (voir LLB/05/08), le Service Propreté de la Ville aura, lui, rectifié le tir en collectant 25 conteneurs bleus "sans déchets souillés" ces trois dernières semaines. "On a beaucoup appris de ces incidents", reconnait Karine Lalieux, l’échevine de la Propreté publique (PS). "C’était un pari de prolonger Bruxelles-les-Bains d’une semaine supplémentaire. Nous l’avons réussi", se félicitait finalement le bourgmestre.
Si le soleil était au beau fixe du côté de la Ville, certains commerçants le voyaient un peu plus gris ce vendredi. Quelques gérants des 70 paillotes (louées chacune 1850 euros sur les cinq semaines) du site dénonçaient ainsi, par exemple, une "concurrence déloyale" du bar à salade de la "Croisetteke" (gérée par les organisateurs) qui dispose, il est vrai, d’une place de choix sur le site.
Ce gout amer, Rodrigo, de la paillote "Brasuca", en pleine préparation d’une caïpirinha, l’a également en bouche. "Cette année n’a vraiment rien à voir avec les autres années. Pourtant je suis là depuis la première édition. Les organisateurs ont instauré des règles à la c En tant que gérant d’un bar brésilien, je ne peux, par exemple, même plus mettre de musique pour attirer les clients. C’est n’importe quoi." Et côté recette, ce ne sera pas la poule aux œufs d’or. "Malgré le beau temps, c’est moins bon que l’année passée. J’explique cela par la concurrence de la Foire du midi et la crise économique."
Un peu plus loin, Marc, de la paillote "à Bibine" se montre moins explosif. "C’est vrai qu’on ressent les effets de la crise. Je dirais que les gens consomment différemment. S’ils évitent les dépenses excessives, ils sont par contre plus réguliers." Cela tombe plutôt bien puisque chez "Bibine", les plats dépassent rarement les dix euros. "Nos scampis à l’ail ont connu un succès dingue, reprend fièrement le patron de la paillote. On ne ressent pas de lassitude chez les passants. C’est très positif. La population est multiculturelle et de tout âge. C’est une belle publicité pour ce quartier souvent décrié." Marc admet pourtant que la communication entre les organisateurs et les commerçants "n’est pas toujours excellente" . "On sent que les budgets de l’évènement ont été rabotés, que des sponsors sont partis. C’est plus "cheap" que les années précédentes".
L’enveloppe de Bruxelles-les-Bains s’élève pourtant à 900000 euros, dont 300000 proviennent de la Ville. Pour Philippe Close, l’important, c’est surtout que les Bruxellois "se sont désormais approprié l’évènement. La preuve ? Nos produits merchandising sont aussi en rupture de stock". Reste que le canal n’a pas encore enfilé ses vêtements d’automne. Ce samedi, une soirée spéciale Bollywood (DJ et diffusion de films indiens) est d’ailleurs au programme. Mardi, les 3000 tonnes de sable venues de la mer du Nord quitteront définitivement les bords du cours d’eau. Direction Bruxelles. Par "souci écologique", la Ville a en effet décidé de garder ce sable dans la capitale. Lavé et stocké dans un hangar le long du canal, celui-ci hibernera jusqu’à l’été prochain.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...