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Culture | Cinéma le Palace
Lever de rideau en 2013
Stéphanie Bocart
Mis en ligne le 19/01/2010
L’octroi du permis unique par la Région bruxelloise pour la rénovation et la réaffectation du Palace est une étape décisive. Nous allons maintenant pouvoir aller de l’avant", s’exprime Nicole La Bouverie, administrateur-délégué de l’ASBL Le Palace. Car si le complexe cinématographique, sis boulevard Anspach au cœur de Bruxelles, accueille depuis 2004 des activités culturelles temporaires quelque 150 jours par an, "il est grand temps que l’immeuble soit rénové car il arrive un peu en bout de course", souligne Nicole La Bouverie.
Et ce n’est qu’un euphémisme pour décrire l’histoire de ce bâtiment qui dès 1913 devient, sous les esquisses de l’architecte Paul Hamesse, le premier théâtre cinématographique de Bruxelles où sont projetés les courts-métrages du cinéma balbutiant. Vingt ans plus tard, en 1935, le bâtiment est transformé en véritable salle de cinéma et connait ses moments de gloire, avant d’être désaffecté dans les années 70 pour en faire une espace de vente d’électroménager, puis laissé à l’abandon début des années 90.
En 1999, le Palace redevient toutefois un complexe cinématographique sous le nom de Kladaradatsch. Mais l’expérience se solde par un échec. En 2001, après un bras de fer musclé avec la Communauté flamande, la Communauté française acquiert l’immeuble pour 200 millions FB.
Refuge du théâtre national de 2001 à 2004, le Palace voit son avenir cinématographique rebondir en 2004, lorsque le gouvernement de la Communauté française accepte le projet de cinéma d’art et essai "Cinéma Palace" porté par les frères Dardenne, la distributrice Eliane Dubois (Cinélibre/Cinéart), le producteur Patrick Quintet (Artémis) et la responsable de la société conseil en audiovisuel Zenab Nicole La Bouverie, qui se constitueront en ASBL Le Palace.
A l’initiative de la ministre de la Culture Fadila Laanan (PS), la Communauté française dégage alors en 2005 un budget de 2,5 millions d’euros pour financer une première phase de rénovation du Palace, en partie classé. Ce montant est ensuite accru de 1,2 million en raison des exigences de la Commission royale des monuments et sites et du Siamu, et de la hausse des couts dans le secteur de la construction.
Mais l’ASBL Le Palace souhaite étoffer son projet d’une 4e salle de projection : la Communauté française octroie donc en 2009 1,7 million d’euros supplémentaires, portant ainsi à 5,4 millions le montant total de la garantie du projet de rénovation du Palace.
"Le permis délivré autorise donc l’aménagement de quatre salles de projection (soit une de plus qu’actuellement) d’une capacité totale de 618 sièges, d’un bar, d’un restaurant, d’un magasin culturel, d’espaces de réception et d’exposition, de bureaux et d’un espace de logement", détaille Emir Kir (PS), secrétaire d’Etat bruxellois en charge de l’Urbanisme. "Ce projet est très complexe. En outre, les impératifs de sécurité et d’accessibilité (NdlR : il y a trois entrées : boulevard Anspach, rue Borgval et rue Jules Van Praet) sont très ardus. Mais ce n’est pas un obstacle insurmontable", confie Alain Richard de l’Atelier d’architecture Alain Richard. "Nous avons décidé de créer du vide pour permettre au public d’avoir, avant et après les séances, des rencontres, des échanges". Pour ce faire, l’architecte et son équipe ont décidé de faire du foyer d’origine le centre névralgique du bâtiment. Accessible aux personnes à mobilité réduite, il se déploiera sur trois niveaux : il s’animera d’un bar et d’un magasin sur deux niveaux tandis que l’étage supérieur accueillera l’accès aux salles tout en s’ouvrant en balcon sur les niveaux inférieurs. "Ce foyer polymorphe est très important car il est le lieu identitaire du Palace", commente Nicole La Bouverie.
"Maintenant que le permis est délivré, nous allons nous atteler à rédiger les cahiers de charge pour lancer les marchés publics et sélectionner les entrepreneurs", poursuit-elle. "Il y aura ensuite un premier chantier de déshabillage avant de démarrer les travaux fin 2010. Ceux-ci sont estimés à deux ans". Le Palace devrait donc ouvrir ses portes en 2013.
"Notre projet est d’ouvrir ce lieu tous les jours. En matinée, il sera accessible aux écoles avec pour objet l’éducation au cinéma. Et dès 12 h débutera une programmation régulière avec, ça et là, des festivals ou rétrospectives", indique l’administrateur-délégué de l’ASBL Le Palace. "La Belgique manque cruellement d’écrans de cinéma. Avec le Palace, nous estimons pouvoir atteindre 150 000 entrées par an", annonce-t-elle. "Certes, il y a aura un impact sur les autres salles de cinéma", reconnait la distributrice Eliane Dubois, "mais comme on manque d’écrans, cela permettra de mieux exploiter des titres et d’en exploiter plus. Ce sera à nous, dans trois ans, de trouver notre vitesse de croisière et notre propre créneau".
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