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Un an sans gouvernement pour la Belgique
(avec AFP)
Mis en ligne le 13/06/2011
"Pour la première fois dans l'histoire de la Belgique, la première formation du pays est un parti séparatiste, la N-VA", qui a remporté 28,2% des voix en Flandre, rappelle le politologue Vincent de Coorebyter. Pour la première fois aussi les partis flamands réclament d'engranger un accord sur un transfert de pouvoirs supplémentaires vers les régions, qui nécessite une majorité des deux-tiers au Parlement, avant qu'un nouveau gouvernement voie le jour.
"On doit donc négocier une réforme de l'Etat belge avec un parti qui est soupçonné, à juste titre, de vouloir liquider la Belgique", souligne M. de Coorebyter, résumant l'ampleur du défi.
Depuis un an, le gouvernement sortant continue à gérer les affaires courantes et s'en tire paradoxalement plutôt bien: les finances publiques sont en voie de redressement, le pays n'est pas paralysé puisqu'il a pu par exemple décidé de l'envoi d'avions en Libye et la population ne ressent pas encore d'impact dans sa vie quotidienne. Il faut dire que si l'échelon fédéral est en veilleuse, les régions, à qui de nombreuses compétences ont été transférées dans le passé, fonctionnent normalement.
Pendant ce temps, les tractations politiques pour tenter de réconcilier les deux communautés tournent en rond avec, au centre du jeu, Bart De Wever, qui donne le ton, conforté par des sondages qui pointent son parti à 33,5% des intentions de vote en Flandre. "Après chaque crise, on a trouvé un nouveau consensus. Je ne peux qu'espérer qu'après toutes les difficultés, on pourra avoir un nouveau consensus, qui pour moi pourrait être le système confédéral", a-t-il expliqué récemment.
L'absence de nouveau gouvernement "n'honnore pas l'ensemble de la classe politique", a reconnu cette semaine Elio Di Rupo. Il a été chargé à la mi-mai de former une coalition gouvernementale rassemblant Flamands et francophones, après les échecs successifs de plusieurs médiateurs.
Le chef du PS, qui pourrait devenir le premier chef de gouvernement francophone en Belgique depuis les années 1970, espère y voir plus clair vers la fin juin. Il devrait à ce moment-là mettre sur la table des propositions sur les questions économiques et sur les contours d'une réforme des institutions. Les partis devront alors se positionner. Si un nombre suffisant (neuf sont actuellement impliqués dans les discussions) jugent l'offre acceptable, les négociations devraient se poursuivre tout l'été, avec l'espoir de déboucher sur un gouvernement vers le mois d'octobre.
Sinon, de nouvelles élections pourraient être convoquées à l'automne, avec le risque que les divergences soient encore plus tranchées après ce nouveau scrutin. Les deux tiers des Belges continuent pourtant à penser que leur pays sera capable d'éviter l'éclatement, selon un sondage publié vendredi.
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