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Qui pour remplacer Lutgen au gouvernement wallon?

P.P.

Mis en ligne le 26/07/2011

Il sera Hennuyer, pas forcément dans toutes les compétences de M. Lutgen.

Il fut acquis dans une certaine douleur, fin 2009, que Benoît Lutgen succéderait à Joëlle Milquet à la présidence du CDH. Il fut précisé dans une déprime certaine, en avril dernier, que la passation de pouvoir serait effective au 31 août. A mesure qu’elle s’approche, l’échéance ne manque pas d’être intéressante. Ne serait-ce que pour le remaniement à venir dans le gouvernement wallon, où le futur président humaniste aligne les Travaux publics, l’Agriculture, la Ruralité et le Patrimoine.

Première certitude ou quasi, en l’absence de la moindre info officielle : il y aura un léger décalage entre relais présidentiel et ministériel. Le Parlement wallon ne rentre que le troisième mercredi de septembre, le 20, pour élire officiellement le nouveau ministre. On ne va pas le convoquer prématurément pour ce seul objet. Mais M. Lutgen ne prolongera pas au-delà un cumul présidence/gouvernement qui serait, en l’espèce, particulièrement contre-indiqué.

Deuxième certitude ou quasi : il ne laissera à personne d’autre, présidente sortante comprise, le soin et l’apanage de désigner le nouveau ministre. Le Bastognard ne saurait mieux, ni plus vite, marquer son territoire présidentiel

Troisième certitude ou quasi : le nouveau ministre wallon CDH sera Hennuyer. On en trouvera un signe supplémentaire dans le fait que l’un des ministrables les plus cités depuis des mois, le Namurois Maxime Prévot, ait ouvertement, la semaine dernière, fait le choix de la candidature au maïorat même aléatoire de sa ville, après les élections d’octobre 2012, tout en excluant se présenter aux électeurs comme frais ministre et donc potentiel bourgmestre empêché. Qu’il ait anticipé la direction du choix ministériel, ou qu’il ait assumé que le vent avait déjà tourné (les versions varient), le fait est : dans les chaumières CDH, on s’est persuadé que le parti ne pouvait plus se permettre d’être le seul à ne pas avoir de ministre de la province qui pèse à elle seule plus d’un électeur wallon sur trois.

Alors, qui ? Ah, ça, peut-être que M. Lutgen lui-même l’ignore encore. Le nom de l’un ou l’autre "non-politique" est déjà sorti, mais oublions celui d’Eric Domb : le fondateur de Paradisio l’a redit samedi dans nos colonnes, il n’a nulle intention de faire de la politique. Rayon parlementaires, les Fonck ("sacrifiée" en 2009), Salvi, Di Antonio reviennent le plus souvent. Mais il faut faire aussi avec les compétences. Or, celle de l’agriculture est toujours assez particulière. On notera ici que Carlo Di Antonio, le député-bourgmestre-festivalier de Dour, est ingénieur agronome de formation; et que le chef de cabinet de M. Lutgen, François Desquesnes, un Sonégien, connaît forcément la partition agricole. Enfin, ce dernier élément doit aussitôt être tempéré par celui-ci : le remaniement pourrait s’accompagner d’un réajustement de compétences entre ministres CDH, l’ancien André Antoine et le nouveau.

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