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Un automne chaud en vue
V.R.
Mis en ligne le 21/10/2011
Cette fois, ils y sont. Les négociateurs des 6 partis retenus pour composer le prochain gouvernement sont arrivés au cœur de leur discussion : l’élaboration d’un programme socio-économique pour la future majorité. Si le risque d’un déchaînement des passions est moins grand que dans le débat communautaire, les négociateurs n’en sont pas moins face à un mur. Certains vont jusqu’à dire qu’ils auront plus de mal à boucler ce volet-là que le volet institutionnel. C’est qu’ici on touche directement au portefeuille des gens. Et l’on ne manquera pas de réveiller ce bon vieux clivage gauche-droite - qui d’ailleurs épouse à l’occasion le clivage nord-sud, ce qui le rend plus complexe encore.
Les négociateurs doivent en outre travailler sur une double perspective : une perspective de court terme qui exige que les finances publiques soient ramenées à l’équilibre dès 2015 et une autre, de plus long terme, qui nécessite d’ajuster les structures économiques du pays au défi du vieillissement de la population. L’objectif, c’est de rendre l’assainissement possible sans mettre à mal la croissance future. Le futur gouvernement ne pourra pas frapper aveuglément
Le PS, grand vainqueur des élections, dit vouloir éviter une vague d’austérité à la grecque. Mais il ne pourra pas tout refuser à ses partenaires, et singulièrement aux libéraux qui attendent leur heure. Des libéraux qui ont l’Europe pour eux. La Commission européenne a en effet adressé six recommandations à la Belgique pour réformer son économie. Parmi ses réformes, il y a le relèvement de l’âge de la pension, la suppression de l’indexation des salaires, la limitation des allocations de chômage dans le temps, un retour à l’équilibre budgétaire reposant davantage sur des réductions de dépenses que sur de nouvelles recettes
La note rédigée par le formateur et qui sert de base à la négociation ne fait qu’effleurer ces recommandations. Ce qui a eu le don de fâcher autant à droite qu’à gauche. Les fédérations patronales ont déjà dit à plusieurs reprises que la note du formateur est fort tiède et qu’il faut la muscler. Les syndicats, c’est tout l’inverse : ils estiment que certaines propositions de cette note - par exemple réduire l’accès à la prépension ou diminuer les allocations de chômage dans le temps - vont déjà trop loin.
Ces points de vue diamétralement opposés, patrons et syndicats vont les chuchoter durant toute la négociation à l’oreille de leur poulain assis à la table de la négociation. La pression risque même d’être terrible. Les syndicats ont déjà fait entendre qu’ils donneraient de la voix s’ils ne sont pas entendus et promettent un automne chaud. Mais les employeurs ont leur entrée auprès des partis libéraux. Lesquels sont indispensables à la future coalition. Pour le formateur, c’est un vrai casse-tête.
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