Du .book à la .pizza, internet va changer

AFP Publié le - Mis à jour le

Cyber

Google et Amazon se disputent .book et .app, quatre candidats lorgnent .pizza: près de 2.000 dossiers ont été déposés dans le cadre d'un élargissement "historique" des noms de domaine internet, et ces nouveaux suffixes pourraient côtoyer dès 2013 les classiques .com ou .org. "C'est un jour historique pour l'internet et les près de deux milliards de personnes qui l'utilisent dans le monde", a déclaré mercredi Rod Beckstrom, patron de l'agence indépendante chargée de réglementer les noms de domaine internet, l'Icann, lors d'une conférence de presse à Londres. "L'internet va changer pour toujours", a-t-il assuré, en dévoilant les 1.930 dossiers de candidature déposés par des entreprises, associations et organisations désireuses d'utiliser une extension de nom de domaine sur internet, plus personnalisée que les 22 suffixes actuellement homologués.

La plupart de ces dossiers ont été déposés par des multinationales, telles qu'Apple, Mitsubishi, IBM. Google a fait plus de 100 demandes, parmi lesquelles .google, .YouTube et .lol, le populaire acronyme pour "laugh out loud" (mort de rire).

"Nous sommes au tournant d'une nouvelle ère d'innovation numérique, une innovation qui signifie de nouvelles activités, de nouveaux outils de marketing, de nouveaux emplois, de nouvelles façons de relier les gens et de partager l'information", a estimé le patron de l'Icann.

Il a toutefois souligné qu'il ne s'agissait encore que "de dossiers de candidature". "Ils ne sont pas immédiatement validés et certains ne le seront sans doute pas. Aucun ne pourra intégrer l'internet avant d'avoir subi une évaluation rigoureuse, objective et indépendante", a-t-il prévenu.

Selon Rod Beckstrom, les premiers nouveaux noms de domaine devraient entrer en application d'ici la fin du premier trimestre 2013.

Pour demander le suffixe de leur choix, les candidats ont dû débourser pas moins de 185.000 dollars (150.000 euros) et devront en outre verser 25.000 dollars de frais annuels.

L'Icann, qui a encaissé plus de 352 millions de dollars en frais de dossier, justifie cet élargissement controversé par l'explosion du nombre d'internautes à deux milliards de personnes dans le monde, dont la moitié en Asie.

La plupart des extensions demandées (66%) sont de nature géographique (.paris, .miami, .nyc).

La plus convoitée est .app (pour application): 13 candidats la réclament, parmi lesquels les géants américains Google et Amazon. Les deux mêmes louchent sur .book, un suffixe qui fait l'objet de neuf dossiers comme .blog. De son côté, .pizza suscite les appétits de quatre candidats et le géant français des cosmétiques L'Oréal et deux autres se disputent .beauty.

Les religions ne sont pas en reste, avec .catholic réclamé par le Vatican, tandis qu'une compagnie turque revendique le suffixe .islam. L'Icann encourage les candidats qui revendiquent un même nom de domaine à trouver un accord à l'amiable. Faute de quoi, l'extension sera mise aux enchères.

L'Amérique du Nord représente plus de la moitié de ces dossiers (911). Les autres se répartissent entre l'Europe (675), la région Asie-Pacifique (303), l'Amérique latine (24) et l'Afrique (17).

Et 116 des dossiers concernent des noms de domaine qui ne sont pas en alphabet latin.

La société ICM Registry, qui gère déjà le nom de domaine générique .xxx, a réclamé cette fois-ci les suffixes .sex, .porn et .adult. De son côté, Directi, dont le siège est à Dubaï, a dépensé une trentaine de millions de dollars pour se réserver .law, .bank et .doctor.

Le processus de l'Icann a été critiqué, notamment parce qu'il oblige des organisations à dépenser beaucoup d'argent pour s'assurer le contrôle de noms de domaine génériques dans le seul but d'éviter qu'ils ne soient détournés. D'autres craignent que certains pays ne bannissent des catégories entières de sites internet sur la base de leur suffixe.

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