L'attaque des drones

Michi-Hiro Tamaï Publié le - Mis à jour le

Cyber

LE SECTEUR HIGH-TECH a beau faire rêver, il s’entache de nombreuses zones d’ombres. Au-delà des conditions de travail de certains ouvriers de pays émergents, la question de la mort programmée et du remplacement illico facto de certains gadgets endommagés (on pense aux smartphones) se pose. A 300 €, la nouvelle version "2.0." de l’A.R. Drone de Parrot reste un jouet quelque peu onéreux. Mais ce quadricoptère télécommandé compte parmi les rares gadgets technos proposant l’ensemble de ses pièces en vente sur le web. Le tout avec des vidéos d’aide au montage en prime.

Depuis sa première version sortie il y a deux ans, l’A.R. Drone 2.0. a rigidifié son ossature en carbone. Malgré cette solidité accrue, doublée d’une nouvelle pellicule hydrophobe, l’objet volant n’est pas à l’abri de crashs le clouant au sol. Lors de notre test, après avoir subi une quinzaine de chutes très douloureuses en moins d’une demi-heure, un des quatre engrenages pour hélice de l’objet volant prodige rendait l’âme. Solution ? Se rendre sur parrotshopping.com et choisir parmi les 17 pièces (hélice, carte mère ) en vente. Soit un set de quatre engrenages et axes pour 10 € dans notre cas. Sans oublier la boîte à outil nécessaire au démontage et facturée 13 €.

En pratique, la réparation passe ensuite comme une lettre à la poste. Les tutoriels Youtube y contribuent. Exit le SAV coûteux (et souvent lent), voire le rachat d’un modèle neuf. Au final, l’appareil était à nouveau viable pour un total d’une trentaine d’euros (frais de port de 10 € depuis la France). La nature extrême de nos essais a cassé un rouage de l’A.R. Drone 2.0. Mais dans les faits, le bon père de famille ne risque pas l’accident. Quelques règles pour débuter : éviter de voler dans son salon ou de passer les commandes (sur smartphone/tablette iOS et Android) à une personne impatiente et non rompue à l’usage d’un terminal tactile.

A ce propos, on notera que s’il reste imprécis face à une télécommande à joystick classique, le pilotage tactile du drone est nettement plus confortable sur tablettes que sur smartphones. Question de taille, bien entendu. Autre point en faveur de l’ardoise numérique, la retransmission (en direct) des flux vidéo, filmés au choix par le ventre ou le nez de l’appareil, y est vraiment bluffante. Enregistrée directement sur la mémoire de la tablette, celle-ci peut directement être envoyée sur Youtube. Le tout avec une qualité en hausse face à la précédente génération. Si la caméra ventrale ne s’en tient qu’à une bouillie de pixels façon VGA, l’œil frontal passe, en effet, à la haute définition (720 p).

Comme l’enregistrement de vidéos et les commandes de pilotage, l’appli A.R. FreeFlight est vraiment simple à prendre en main. S’il demande un certain temps d’adaptation, notamment pour bien anticiper les changements de cap dans les airs, le tour de force du drone français tient, en effet, à sa facilité d’emploi. A la manière d’une chauve-souris, le ventre de l’appareil envoie, en effet, un ultrason à terre qu’il reçoit instantanément pour sans cesse calculer sa hauteur. Epaulée d’un nouveau capteur de pression, cette mesure, passant par un émetteur et récepteur, stabilise l’appareil en ajustant automatiquement la puissance de ses quatre hélices. On est ici à des années-lumière de la prise en main infernale des petits hélicoptères made in China vendus une trentaine d’euros sur le web

Si l’A.R. Drone 2.0. compte parmi les gadgets les plus enthousiasmants de ces dernières années, son autonomie d’une dizaine de minutes reste un point faible majeur. D’autant que certaines nouvelles fonctions, permettant d’effectuer des tonneaux spectaculaires en un seul double clic, sont énergivores. Autre déception, la réalité augmentée ne convainc pas entièrement, notamment via ses fonctions ludiques. Bien meilleur dans un parc que dans un salon (fortement déconseillé), l’A.R. Drone sera également évité par les timides. Au parc, les commentaires stupéfaits des promeneurs pleuvent, tandis que les kids restent collés au Drone (et à son pilote). Une parfaite illustration du pouvoir de fascination de cet Ovni.

Infos : A.R. Drone 2.0/299 €/http://ardrone2.parrot.com

Publicité clickBoxBanner