Vers une inévitable fusion des audiences Web et TV ?

O.D.D. Publié le - Mis à jour le

Cyber

Face à la convergence technologique, le marché publicitaire réfléchit à une mesure d’audience commune à tous les écrans. De fait, Internet et télévision ne cessent de se rapprocher et une nouvelle preuve est fournie par le CIM (Centre d’informations sur les médias), organisme qui mesure l’audience de la plupart des médias en Belgique.

Chaque support (télé, radio, presse écrite ) y dispose d’une commission technique où les différents maillons de la chaîne publicitaire sont représentés : éditeurs, annonceurs, régies, agences médias et annonceurs. La commission Internet du CIM vient de publier un appel d’offres qui vise à désigner un nouveau prestataire, à charge pour l’heureux élu de fournir l’outil technologique qui servira à mesurer l’audience du Net belge entre 2013 et 2016. Surprise : le document de l’appel d’offres est la copie presque conforme de celui récemment émis par la commission TV du CIM qui cherche, elle aussi, un fournisseur pour la même période. Bien entendu, il s’agit plus que d’un hasard.

Côté Internet, le CIM mesure exclusivement l’audience du Web, c’est-à-dire le réseau tel qu’il apparaît à travers la fenêtre d’un navigateur (Internet Explorer, Firefox ). Or, ces dernières années ont vu l’émergence d’écosystèmes affranchis du traditionnel "browser". C’est notamment le cas d’Apple dont les terminaux (iPad, iPhone) et applications mobiles fonctionnent en circuit fermé et échappent à la mesure de Metriweb (appellation officielle du baromètre Internet du CIM). Résultat : un éditeur peut moins aisément valoriser l’audience de ses applications iPhone et iPad, faute de l’objectivation d’une certification indépendante.

Le même constat vaut également pour des applications comme la messagerie instantanée Messenger de Microsoft qui reste extrêmement populaire chez les internautes belges malgré la montée en puissance de réseaux sociaux comme Facebook.

Côté TV, régies et chaînes de télévision doivent s’adapter à l’émergence du "non-linéaire" dans les habitudes des téléspectateurs. Dans le jargon professionnel, cette expression recouvre, en gros, toutes les innovations apportées par la télévision numérique et qui ne participent pas au cérémonial de la grille des programmes : films disponibles à la demande, télévision de "rattrapage" (exemple : l’offre "à l’infini" de RTL qui permet de regarder en différé certaines séries et émissions) etc. Parallèlement, les images s’affranchissent de la petite lucarne et commencent à voyager sur tous les écrans, qu’il s’agisse de l’ordinateur, du téléphone portable ou des tablettes. C’est-à-dire un environnement technologique encore hétéroclite, qui marque la fusion totale entre télévision et Internet et qui n’est pour l’instant ausculté ni par l’étude TV du CIM ni par Metriweb.

Encore en friche, ce no man’s land (en terme de mesure d’audience) est toutefois promis à un développement rapide dans les années à venir, particulièrement chez les jeunes. A ce stade, le CIM affirme se limiter à ouvrir le débat parmi les acteurs concernés. " Cet appel d’offres est un pre-tender , précise Hugues Rey, président de la commission Internet et COO de Havas Media. C’est une sorte d’invitation où nous demandons aux fournisseurs potentiels leur vision pour l’avenir et la façon dont ils peuvent résoudre les questions qui se posent. "

Un éventuel mariage entre les études d’audiences Internet et TV paraît donc s’inscrire dans un horizon encore lointain. Mais la simple amorce de cette réflexion commune est un signe très révélateur de l’évolution actuelle dans le monde des médias.

Publicité clickBoxBanner