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Élections fédérales | Congrès des partis flamands
Mise en garde flamande : "Reformons vite l’Etat, sinon "
Christian Laporte
Mis en ligne le 25/05/2010
Olivier Maingain au micro de Twizz sur les déclarations des partis flamands ce week-end
Le plaidoyer sec et tranchant de Bart De Wever dans "La Libre" du week-end pour la scission de la sécurité sociale et pour une cogestion de la Région bruxelloise sans tenir compte qu’elle développe un modèle de cohabitation et de pacification ont fait réagir le monde politique bruxellois : le ministre régional Benoît Cerexhe (CDH) a dit avoir lu "avec écœurement" l’interview, renchérissant que "si la Flandre veut s’en aller, ce sera sans Bruxelles" . A l’affirmation que Bruxelles était "trop financée" , Cerexhe rétorque : "Une partie de l’impôt des personnes physiques devrait être perçue sur le lieu de travail et plus exclusivement sur le lieu de domicile." Quant à la cogestion de Bruxelles, "c’est tout bonnement onbespreekbaar, non négociable car Bruxelles est une Région à part entière" . Pour Laurette Onkelinx (PS), "il ne suffit pas d’être un dikkenek pour être un homme politique, il faut aussi se mettre autour de la table et trouver des solutions" . Quant au financement de Bruxelles, il s’impose car "sinon la Région est vouée à la faillite. La défense du financement est même une spécificité du PS".
Pour Armand De Decker (MR), "il est grand temps que les partis traditionnels flamands tranchent avec la dictature intellectuelle des partis séparatistes. S’ils continuent à se laisser mener par eux, on arrivera à l’irrémédiable ! Mais je voudrais leur dire qu’ils conduiront la Belgique mais aussi la Flandre à sa perte. De Wever n’a aucune vision de la réalité bruxelloise. En même temps, oui, il faut très vite une nouvelle réforme de l’Etat qui répartisse mieux les compétences et renforce l’Etat fédéral".
Lundi, la N-VA en a remis elle-même une solide couche en réclamant la suppression de la loi de financement régissant les relations entre l’Etat fédéral et les Régions, au nom du confédéralisme ! "Le fédéral ne devrait plus lever d’impôts et les poli tiques économique et sociale devraient être transférées totalement aux Régions, y compris la sécurité sociale et la concertation sociale" , ont clamé les députés Jambon et Weyts. La N-VA ne veut pas (encore) l’indépendance de la Flandre, mais l’introduction rapide du confédéralisme comme première étape d’une réforme (scission ?) de l’Etat.
Pendant ce temps face à ses troupes, Marianne Thyssen a souligné que "rien n’a changé dans les ambitions communautaires du CD&V" . C’est symbolique mais les chrétiens-démocrates ont conclu leur congrès par le chant du Vlaamse Leeuw. La réforme de l’Etat, qui n’est pas une fin en soi pour le CD&V, doit conduire à plus de prospérité. Et la présidente de titiller la N-VA : "Les électeurs peuvent-ils enfin savoir ce qu’elle veut pour l’Etat ? Le séparatisme ou pas le séparatisme ?" De son côté, Yves Leterme a répété que le CD&V ne se retrouvait nullement dans le séparatisme. "Nous ne voulons pas que la Belgique se déchire. Nous voulons plus de pouvoirs pour la Flandre, ainsi nous pourrons mieux gérer le niveau régional et le fédéral." Mais de lancer aussi un très sérieux appel aux francophones "afin qu’ils ne s’acharnent pas à vouloir maintenir les structures actuelles qui sont inacceptables".
Enfin, l’Open VLD n’entrera dans aucun gouvernement sans un accord politique sur une profonde réforme de l’Etat. Le choix du président De Croo ? " Un modèle confédéral en tant que but et non comme étape vers le séparatisme." Pour l’Open VLD, il faudra un accord politique entre le fédéral, les Communautés et les Régions, déterminant qui fournit quels efforts afin de parvenir à l’équilibre budgétaire en 2015. Il faudra aussi s’entendre sur une répartition des coûts du vieillissement. Pour stimuler la croissance, les libéraux veulent un socle confédéral de l’impôt des sociétés, avec une base imposable sur laquelle les régions pourraient s’appuyer pour déterminer leur tarif. Le VLD veut une politique d’activation ne laissant au fédéral que des compétences pour le chômage conjoncturel.
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