Abonnez-vous a La Libre Belgique

Campagne

"Une véritable déclaration de guerre "

V.d.W.

Mis en ligne le 08/06/2010

Plus on se rapproche de la date des élections législatives, plus le président de la N-VA, Bart De Wever, devient précis dans ses projets politiques. Et ça déménage

On savait déjà qu’il souhaitait scinder la sécurité sociale et faire en sorte que Bruxelles soit cogérée par les francophones et les Flamands. Il va un pas plus loin. Lors d’un débat à la VRT (voir ci-contre), il a affirmé que l’existence de la Région bruxelloise était néfaste: "Le choix de faire de Bruxelles une Région n’était pas celui de la N-VA. C’est un choix néfaste, mais l’on ne s’en débarrassera pas en un tour de cuiller à pot ", a-t-il déclaré.

D’ailleurs, pour lui, il n’est pas question d’un quelconque refinancement: "Bruxelles, précise-t-il, doit d’abord être assainie avant que nous ne puissions l’aider. Il faudra surtout simplifier les structures; il y a 957 élus dans la Région capitale, soit un par 6 km2, Et aussi 19 communes, 19 CPAS, etc." Et de pointer tout ce qui, à son estime, tourne mal à Bruxelles: "Le chômage élevé, la criminalité, etc."

Pour la présidente du CD&V, Marianne Thyssen, qui participait à ce débat sur les antennes de la VRT, "il faudra trouver un compromis honorable pour Bruxelles et il faudra aussi une réforme institutionnelle interne à Bruxelles. Son avenir, dit-elle, est dans un statut de ville-région qui doit avoir de forts liens avec la Flandre et la Wallonie et qui nécessite une bonne gestion. La seule vraie question à se poser est de savoir si l’on veut réformer ce pays ou bien le scinder. Or, 16 % de la population le veut, mais 84 % est contre Et si on scinde ce pays, on risque de perdre Bruxelles", a conclu la présidente du CD&V.

Du côté francophone, les propos de Bart De Wever ont évidemment provoqué une salve de réactions. Ainsi, pour Didier Reynders, président du MR, "Bart De Wever peut prendre ses rêves pour des réalités. Mais j’espère que les francophones seront inflexibles sur l’avenir de Bruxelles et, dans ce cas, les intentions du président de la N-VA n’ont aucune chance de se réaliser "

Le ministre-Président bruxellois, Charles Picqué (PS), remarque que Bart De Wever n’a plus peur de réclamer la suppression de la Région bruxelloise, un élément pourtant fondamental du vivre ensemble belge. "C’est la rupture du consensus historique qui fondait le pays sur 3 Régions et qui garantissait la paix communautaire. Le seul moyen pour Bart De Wever de supprimer la Belgique, c’est d’abord de supprimer la Région bruxelloise. Les propos de Bart De Wever constitutent une véritable déclaration de guerre contre les Bruxellois." Pour Charles Picqué, le scénario voulu par De Wever est inacceptable pour les Bruxellois car il signifie la mise en place de sous-nationalités bruxelloises qui aboutiront à des différences de traitement insupportables entre des populations habitant un même territoire. Cela impliquerait que demain, un Bruxellois se déclare néerlandophone ou francophone pour savoir à quels droits il peut avoir accès. Et de conclure: "Les Bruxellois sont-ils des citoyens de second ordre ? Ne sont-ils pas des adultes bénéficiant des mêmes droits que les Flamands ou les Wallons ?"

Le ton n’est pas plus conciliant au FDF, où Olivier Maingain souligne: "Le nationalisme flamand de Bart De Wever se cassera les dents sur la volonté des Bruxelloises et des Bruxellois de faire respecter leur Région comme Région à part entière et élargie à sa périphérie. L’enjeu est de plus en plus évident : il faut briser le carcan qui enferme Bruxelles en Flandre pour que Bruxelles ne soit pas emportée dans les bagages des nationalistes flamands, qu’ils soient confédéralistes ou séparatistes."

Joëlle Milquet souligne, elle, "la nécessité pour les francophones de garder leur unité et de ne pas avoir peur d’assumer leur programme ni de défendre les citoyens francophones. Négocier ne veut pas dire tout accepter. Il ne faut pas tomber dans le piège de la culpabilisation et de la peur lancé par la N-VA pour influencer l’opinion publique francophone et faire céder les partis francophones. Demain, on aura besoin plus que jamais de francophones ouverts, mais debout, prêts à négocier dans le respect, mais pas à devenir des bénis oui-oui."

Du côté des socialistes flamands, on ne partage pas non plus les visées de Bart De Wever sur Bruxelles. Le ministre flamand, ex-ministre de la Région bruxelloise, Pascal Smet (SP.A) est plutôt d’avis que Bruxelles a besoin de "plus de Région" et non pas de sa suppression. Pascal Smet rejoint cependant Bart De Wever sur le fait que les dix-neuf communes constituent une "ville" et qu’elles doivent se comporter comme telles. Pour Pascal Smet, il faut faire coïncider Région et ville. Le ministre SP.A plaide pour une unité de gestion et un renforcement des compétences régionales.

Suite à la prochaine déclaration de Bart De Wever C.Le. et V.d.W.

Autres Informations

À ne pas manquer

SUPERBOWL

Madonna superstar du Superbowl : découvrez sa prestation épatante.

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Facebook

Haut de page