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Politique
Danny (Pieters) le jaune et noir
Pierre Gilissen
Mis en ligne le 26/07/2010
Il y a une figure de la politique belge qu’on ne peut manquer d’évoquer quand on parle de Danny Pieters, c’est celle de Frank Vandenbroucke. Comme le socialiste flamand, il est spécialiste de la sécurité sociale (avec des vues sensiblement différentes). Comme lui, il se présente dans le plus petit arrondissement flamand, celui de Louvain. Et ils ont le même âge à un an près. "Mais Frank Vandenbroucke est probablement beaucoup plus politicien que lui" , avance Eric Defoort, le président de l’Alliance libre européenne, l’union des partis régionalistes européens. Peu avant les élections, un face à face avec l’ex-ministre socialiste sur la question de la régionalisation de la Sécu chez Phara de Aguirre, à la VRT, avait toutefois, de l’avis général, tourné à l’avantage de ce dernier. Defoort est un ami de longue date du nouveau président du Sénat. Les deux hommes faisaient partie (avec aussi Geert Bourgeois et Frieda Brepoels) du groupe Orange qui avait mené la fronde contre Bert Anciaux au sein de la Volksunie au début des années 2000. "On était six à l’époque. Puis, est arrivé un jeune septième. Un certain Bart De Wever " La Volksunie volera en éclats, Anciaux s’en ira fonder Spirit, aujourd’hui disparu, et ceux du groupe Orange créeront la Nieuw-Vlaamse Alliantie. "Danny Pieters n’est donc pas quelqu’un qui tombe subitement du ciel. C’est vraiment l’un des piliers de la N-VA" , ajoute Defoort. A l’époque, Pieters était député. La déroute de la N-VA, en 2003, le privera de mandat, si bien qu’à ce jour la partie politique de son curriculum est bien moins fournie que l’académique. Côté université, il est docteur en droit depuis 1985 (avec déjà une thèse sur la Sécu) et professeur à la KULeuven, depuis une quinzaine d’années. En 2009, la sortie de son livre "Onze sociale zekerheid : anders en beter" ("Notre sécurité sociale : autrement et mieux") a fait un certain bruit. L’ouvrage a même été qualifié par l’éditorialiste du Knack, Rik Van Cauwelaert, de "livre politique peut-être le plus important de la décennie" .
Danny Pieters ne serait-il, dès lors, pas plus utile à Bart De Wever autour d’une table de négociations qu’au Sénat ? "Ce n’est pas parce qu’il va occuper ce poste qu’il ne sera plus actif au sein du parti , estime le sénateur N-VA, Louis Ide. Et, de toute façon, ce n’est peut-être que temporaire." Louis Ide, médecin de formation, a longtemps travaillé en tandem avec Danny Pieters sur les questions de sécurité sociale et les deux hommes se connaissent bien. "J’ai des idées sur la Santé publique, et lui peut plus facilement les traduire sur le plan juridique, du fait de sa formation." Sur les thématiques plus traditionnelles du mouvement flamand, comme le linguistique, on ne l’a jamais beaucoup entendu. Il faut dire que, selon son CV, il parle "néerlandais, anglais, français, allemand, italien et danois, avec des notions d’espagnol, de portugais, de catalan et de suédois " S’agissant de ses qualités humaines, on n’obtient pas nécessairement des réponses très convergentes. Pour Ide, "c’est un sage, équilibré, avec qui il y a toujours moyen de discuter". Mais, pour Defoort, "c’est un homme de qualité, fier et décidé, pas quelqu’un qui n’arrive pas à trancher, ni qui va renier ses idées pour s’accrocher à son poste. La présidence, il va l’exercer très sérieusement, mais je ne pense pas que ce soit son ambition ultime dans sa vie" .
Est-il capable de faire des compromis, alors ? C’est toujours la question qui énerve à la N-VA, tant on la leur pose souvent. Mais, pour Louis Ide, la réponse est : "Oui." Defoort évoque aussi son humour "très anglo-saxon" qui l’aide à relativiser. De toute façon, on l’a dit, la désignation est provisoire et son parti - qui n’est pas le seul du côté flamand - plaide pour la suppression de la vénérable assemblée.
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