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Politique | Préformation

"Des éléments d’un accord"

M. Co.

Mis en ligne le 31/07/2010

Elio Di Rupo a présenté son deuxième rapport au Roi et poursuit sa mission. Tout est encore ouvert en termes de coalition, affirme-t-il.

Il est 18h13 ce jeudi lorsqu’Elio Di Rupo pénètre dans la salle Internationale du Parlement. Le Roi vient de lui demander de poursuivre sa mission de préformation, qu’il a entamée il y a trois semaines jour pour jour. Il s’agira "d’approfondir les aspects institutionnels", précise-t-il. Mitraillé par les photographes, le préformateur commencera par prononcer sa déclaration en néerlandais. Un néerlandais d’abord hésitant, plus sûr ensuite. Que retenir de cette communication ? D’abord le rappel de la situation politique extrêmement compliquée issue du scrutin du 13 juin. Le travail de préformation est "titanesque", a notamment indiqué Elio Di Rupo qui tente depuis 20 jours de "concilier l’inconciliable", selon ses propres termes. A savoir, un vote flamand s’étant largement dirigé vers des partis "confédéralistes, voire indépendantistes" et un vote francophone attaché à une Belgique fédérale.

Le préformateur n’a par ailleurs pas dévié de la méthode qu’il avait exposée au Roi à l’occasion de son premier rapport, intervenu à la veille de la Fête nationale. Elio Di Rupo continuera à travailler parallèlement sur deux fronts, le socio-économique et l’institutionnel. C’est cette matière qui a occupé les 7 partis réunis en vue de former une majorité des deux tiers depuis dimanche, précise Elio Di Rupo. Objectif : "rapprocher deux réalités". "Nous avons beaucoup discuté de la note Octopus (note déposée au Parlement flamand en 2008 et demandant de nombreux transferts de compétences aux entités fédérées, NDLR), a indiqué Elio Di Rupo, ainsi que de presque toutes les matières qui concernent l’Etat fédéral. BHV bien sûr, des soins de santé, des allocations familiales, de la fiscalité, des mécanismes de financement, de mobilité, d’énergie, de télécommunications, de protection des minorités, du rôle de Bruxelles ou du Sénat."

Que ressort-il de ces discussions ? "Des éléments d’un accord", dit Elio Di Rupo qui précise que tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a pas d’accord du tout, selon la formule consacrée. Il n’a pas par contre pas précisé la nature de ces éléments de convergences. "Vu les résultats électoraux en Flandre, nous savons que le centre de gravité de la Belgique se déplacera de l’Etat fédéral vers les entités fédérées, a conclu Elio Di Rupo. Mon souhait est que cela puisse se faire en stabilisant le pays et au profit de la grande majorité des Belges. A titre personnel, j’estime que notre pays doit rester une valeur ajoutée pour l’ensemble de la population : Flamands, Bruxellois, Wallons et Germanophones. J’estime aussi que nous devons préserver l’essentiel : la solidarité interpersonnelle et, comme je viens de le dire, la stabilité de notre pays."

Interrogé sur l’avancement de la préformation quant à la composition du futur gouvernement, Elio Di Rupo assure que toutes les portes sont encore ouvertes. Restait à savoir combien de temps Elio Di Rupo resterait préformateur. "J’ai horreur des deadlines", a-t-il affirmé. Dans son allocution, il a toutefois confirmé que la semaine prochaine serait "familiale", des contacts se poursuivant grâce aux techniques modernes de télécommunication. Les réunions proprement dites reprendront la semaine suivante, a-t-il précisé. Questionné sur les chances de succès de sa mission, Elio Di Rupo a simplement répondu que "le succès de la mission sera le succès de tous les partis et l’échec sera celui de tous les négociateurs." "Un échec est toujours possible dans toute entreprise humaine mais j’espère réussir", ajoutait-il. Selon lui, le rôle du préformateur n’est pas de faire des propositions mais de trouver des convergences, "formuler des propositions relève du rôle du formateur".

Le président du MR a rapidement commenté la communication du président du PS. "Je n’ai pas appris grand-chose et j’ai été frappé que dans sa communication le préformateur n’a quasiment rien dit sur le volet socio-économique, a-t-il déclaré via l’agence Belga. De plus, nous ne comprenons toujours pas pourquoi, alors qu’on parle d’une importante réforme de l’Etat et de l’avenir de Bruxelles, trois partis francophones ont décidé d’exclure la première formation à Bruxelles et la deuxième à l’échelle de la Communauté française." Pour lui, la situation n’a pas beaucoup évolué depuis le travail d’information mené par Bart De Wever juste après le 13 juin. A vérifier dans les semaines qui viennent.

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