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Di Rupo refuse la stratégie de la N-V A
V.d.W.
Mis en ligne le 18/08/2010
E lio Di Rupo est peut-être arrivé, après plus d’un mois de travail acharné en tant que préformateur, au terme de sa mission. Non pas qu’il soit fatigué, ni même découragé. Mais les blocages permanents du camp flamand, de la N-VA en particulier, pourraient avoir raison de l’entêtement qu’il a mis à essayer de trouver un accord institutionnel entre les représentants des sept partis: le PS, le CDH, Ecolo, la N-VA, le CD&V, le SP.A et Groen! On n’en est pas encore à programmer l’échec certain de sa mission, mais le sentiment qui prévalait mardi soir était assez négatif.
Tout dépendra en fait de la rencontre qu’Elio Di Rupo aura avec le chef de l’Etat, ce mercredi à 15 heures. On peut penser que son rapport ne sera pas extrêmement positif même si les résultats partiels engrangés étaient loin d’être insignifiants. Pourquoi ce pessimisme, à nouveau? Après plusieurs semaines d’écoute patiente, de dialogue, de rencontres, Elio Di Rupo a rédigé et présenté, aux partenaires potentiels, une note de près de 60 pages qui dessine une nouvelle architecture institutionnelle de la Belgique. Le travail, inusité pour un informateur même pour un formateur, était charpenté, argumenté, structuré. Il allait aussi dans le sens voulu par les partenaires flamands puisqu’il prévoyait des transferts pour un montant initial de 12,8 milliards. - " Pas assez ", ont dit les partis flamands, N-VA en tête.
Renégociation, écoute, petits-pas... les francophones ont ajouté quelque 3 milliards de transferts. - " On veut plus de responsabilisation financière " ont dit les partis flamands, la N-VA en tête. Voici, messieurs: quelque louches de responsabilité financière ont été ajoutées. - " On veut revoir intégralement la loi de financement ", ont dit les partis flamands, la N-VA en tête. Les partis francophones se sont réunis pour voir s’ils pouvaient s’inscrire dans cette perspective. - " Non, pas plus tard, maintenant " ont dit les partis flamands, la N-VA en tête... A ce petit jeu là, il y a fort à parier que la surenchère ne s’arrêtera pas et que de proche en proche, on en arrivera à mettre sur la table le programme entier de la N-VA. Dès lors, la question se pose aujourd’hui: la N-VA est-elle en mesure d’accepter un accord qui soit le résultat d’un réel compromis, c’est-à-dire qui comporte des concessions réciproques ? C’est la conception de l’Etat qui est en jeu, un Etat dans lequel la N-VA souhaite effacer d’un trait de gomme la Région centrale, Bruxelles, qui ne devrait être à leurs yeux qu’une petite ville, un condominium. N’est-ce pas ainsi, d’ailleurs, qu’elle est de plus en plus souvent représentée dans les documents flamands très officiels ? Certes, il y a eu, ces derniers temps, des élans de sincérité de la part de Bart De Wever, de réelles tentatives de rapprochement.
Certes l’ambiance, entre les hommes et les femmes, assez bonne, a-t-elle pu faire croire que ce noyau parviendrait à surmonter ses profondes divergences initiales pour aboutir à un accord équilibré. Mais chaque fois que Bart De Wever est apparu un brin plus conciliant, ses amis de la N-VA, son achterbank composé des nationalistes les plus ultras lui ont fait comprendre que tout ce qu’il pouvait engranger était et serait toujours insuffisant. Dans ces conditions, les francophones ne veulent pas alimenter, à leur corps défendant, la stratégie de pourrissement qui semble être celle de la N-VA, ou en tout cas de ceux qui font la loi à la N-VA. Cela ne signifie pas que la mission d’Elio Di Rupo prendra fin cet après-midi. Mais sans une prise de conscience des nationalistes flamands que la ligne rouge des francophones est atteinte, il est peu probable qu’Elio Di Rupo demande une prolongation de sa mission. Car l’impression est qu’il se heurtera toujours à un mur dressé par la N-VA. Un mur que les autres partis flamands ne parviennent pas à casser. Car les rapports de force en Flandre sont tels que les autres présidents de partis ne peuvent que suivre celui que les électeurs ont porté au firmament électoral. Peut-être le Roi demandera-t-il quand même à Elio Di Rupo de procéder à une ultime tentative en vue de rapprocher les points de vue afin que les 7 partis concernés s’engagent à respecter un périmètre de négociation et à entamer des discussions devant déboucher sur la constitution d’un gouvernement.
Cette issue-là est toujours possible. De toute façon, les partis flamands et la N-VA doivent savoir qu’il n’y a pas vraiment de plan B. Car toutes les négociations institutionnelles devront évidemment avoir lieu avec ces francophones qui sont autour de la table. Et même si l’on a recours, plus tard, à un autre (in)formateur, il est quasiment exlcu que la position des francophones change d’un iota. Au Sud du pays, en tout cas, la question lancinante demeure: la N-VA veut-elle un accord ou veut-elle apporter la démonstration que la Belgique est ingouvernable, pour mieux la détruire ?
Conférence de presse d'Elio Di Rupo mercredi après-midi à la Chambre
Le préformateur Elio Di Rupo donnera une conférence de presse mercredi après-midi après son audience chez le Roi, a annoncé son porte-parole. La conférence de presse aura lieu dans la salle Internationale de la Chambre. L'heure précise sera communiquée ultérieurement.
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