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Politique

Les socialistes resserrent les rangs

V.d.W.

Mis en ligne le 31/08/2010

Wallons et Bruxellois socialistes défendent désormais la même stratégie : l’union des francophones.

La cote de popularité d’Elio Di Rupo au sein de son parti était au zénith depuis les élections victorieuses du 13 juin. Il a pu le vérifier encore lundi matin : les membres du bureau du PS n’ont eu que des louanges pour leur président qui, depuis 78 jours, s’épuise matin, midi et soir à tenter de trouver un compromis institutionnel entre 7 partis.

Pourtant, au PS, certains étaient absolument persuadés qu’Elio Di Rupo serait déchargé, comme il le souhaitait, de sa mission de préformateur. Lundi midi, au sortir du bureau du parti, plusieurs socialistes de premier plan confiaient : “Je me demande vraiment comment il tient, c’est presque inhumain.” “Il a une patience incroyable. Même face à des demandes complètement farfelues de certains experts de la N-VA, il reste de marbre.” “Bien sûr, il s’est déjà énervé. Mais moi, à sa place, j’aurais déjà envoyé la table valdinguer dix fois…”

Avait-il réellement le désir de rendre son tablier ou s’agissait-il d’une fausse sortie ? Sa position est extrêmement délicate, analyse un élu socialiste : soit il arrête trop tôt et on estime qu’il a manqué de persévérance, soit il arrête trop tard et on affirme qu’il s’accroche dans le seul but de devenir Premier ministre. Il faut donc choisir le bon moment pour jeter l’éponge. Le mieux, évidemment, est d’aboutir à un accord.

Y croit-on encore au PS ? Oui, bien sûr. Car les enjeux sont colossaux. Il y a la stabilité du pays, après une réforme qui doit aboutir à des transferts massifs de l’Etat fédéral vers les entités fédérées. Il y a aussi les problèmes sociaux et économiques qu’il faudra prendre à bras-le-corps sans tarder. Mais il y a aussi, et surtout, le refinancement de Bruxelles, car les défis démographiques y sont immenses, tout comme ceux en termes de mobilité et d’enseignement.

Certains PS pensent qu’il est encore possible d’isoler la N-VA et de faire en sorte que le CD&V se montre plus raisonnable en acceptant les dernières propositions d’Elio Di Rupo. Car le problème, pour les socialistes, se situe bien à la N-VA : soit Bart De Wever est incapable d’accepter tout compromis, soit il est incapable de l’imposer à ses troupes. D’où cette question, fondamentale : la N-VA est-elle fiable ? Pourtant, pas question qu’Elio Di Rupo abîme son image. Sans issue favorable dans deux ou trois jours, il faudra bien que la N-VA montre de quoi elle est capable…

Cette interminable négociation a en tout cas permis de resserrer les rangs, au PS, entre régionalistes et communautaristes, entre Bruxellois et Wallons. Aujourd’hui, il y a, dit-on, une vraie solidarité entre Wallons et Bruxellois, et tout le monde a compris que le refinancement de Bruxelles était vital pour le redressement de la capitale, mais aussi pour assurer un nouvel essor à la Wallonie. L’union des francophones, tel est désormais le credo des socialistes.

© La Libre Belgique 2010

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