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Politique
Le CDH pense au MR
M. Co.
Mis en ligne le 31/08/2010
Pas un mot à la presse. C’est une des directives communiquées hier par Joëlle Milquet à ses troupes. Elle ne fut pas trop mal respectée. Lors du bureau politique hebdomadaire, la présidente du CDH s’est contentée d’un compte rendu de l’état des négociations.
Un long compte rendu, récapitulant les semaines estivales que les négociateurs ont vécues parfois dans la douleur, souvent dans un climat extrêmement difficile, comme elle l’a répété en télévision hier soir. C’est que ce lundi, il s’agissait d’éclairer la lanterne de ceux qui revenaient de vacances. La réunion de deux heures a rempli le local de la rue des Deux Eglises, nous dit-on. Dans quel état d’esprit ?
Parmi l’assistance, certains ont relevé leur inquiétude par rapport à la situation politique du pays, relayant une certaine peur du chaos que pourrait provoquer l’échec de la mission d’Elio Di Rupo. Et ci et là, on indiquait que "la balle est plus que jamais dans le camp du CD&V et de la N-VA". Les francophones sont allés très loin dans les transferts de compétences et dans le reste des dossiers pour lesquels ils n’étaient pas demandeurs il y a trois ans, répète-t-on à l’envi. Au CDH, on comprend par ailleurs la décision du Roi de prolonger la mission de préformation d’Elio Di Rupo. "Les autres options ne sont pas légion, commentait un ténor CDH. C’est une façon de mettre la pression sur Bart De Wever. S’il ne veut pas d’un accord, qu’il le dise ".
Si l’on salue tous azimuts le travail des CDH qui ont mouillé leur chemise lors de cette longue préformation, on lutte aussi corps et âme contre l’idée que les francophones se sont déculottés face aux demandes flamandes. Un peu comme au PS, on assure que le transfert de certaines compétences est de nature à renforcer les entités francophones et les politiques qu’elles auront à mener à l’avenir. "C’est vrai que nous n’étions pas demandeurs mais il ne faut pas voir ce qui est sur la table de manière négative, que du contraire", estime un négociateur.
Pour le reste, rien de spécial, dit-on. Si ce n’est un débat interne qui s’est, paraît-il, déjà manifesté au cœur de l’été en provoquant quelques tensions au passage. Elle concerne les réformateurs (eh oui) qu’il conviendrait de consulter pour réunir au moins une fois le front francophone, estiment certains humanistes. Ils l’ont dit au bureau d’hier matin. "Oui, mais uniquement en cas de blocage et d’échec de la mission d’Elio Di Rupo", tempère un influent. Une position qui serait largement partagée par les pontes du parti, notamment par la présidente elle-même.
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