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Picqué: "Un refinancement temporaire de Bruxelles est acceptable"
BELGA
Mis en ligne le 02/09/2010
Un refinancement temporaire de Bruxelles est acceptable pour les francophones pour autant que la solution du dossier BHV satisfasse à certaines conditions et que la loi de financement réformée tienne compte de la fonction de Bruxelles, dit le ministre-président du gouvernement bruxellois Charles Picqué (PS), jeudi dans le quotidien De Standaard. M. Picqué répond également jeudi aux questions du Soir. Dans ce journal, il explique que Bruxelles est "prise en otage" pour obtenir des garanties précises d'exécution rapide de la réforme de la loi de financement. "Le problème, ajoute-t-il, c'est que, si Bruxelles n'est pas refinancée dans les deux ou trois ans qui nous séparent forcément de l'application de la nouvelle loi de financement, la Région devra arrêter ou freiner des politiques d'intérêt national. Cela étant, puisqu'il a été accepté de revoir la loi de financement, autant se mettre au travail rapidement".
Pour le ministre-président, "le refus de refinancer Bruxelles pourrait laisser soupçonner qu'on tente de l'affaiblir pour rendre plus aisée la remise en question de son statut de troisième région lors d'une prochaine étape, peut-être ultime, de l'histoire institutionnelle de ce pays".
Dans le Standaard, Charles Picqué explique que les francophones ne peuvent accepter la scission de BHV et un refinancement temporaire de Bruxelles que si certaines conditions sont remplies: un règlement pour les communes à facilités, la compétence des chambres bilingues du conseil d'Etat pour les problèmes linguistiques et une solution pour les trois bourgmestres non-nommés de la périphérie bruxelloise.
Il ajoute que la nouvelle loi de financement devra tenir compte de la fonction de Bruxelles, comme le précise d'ailleurs l'accord de principe intervenu à ce propos.
Charles Picqué insiste encore sur le fait que la confiance est un élément indispensable et pour le moment cette confiance n'existe pas. Il note qu'il n'y a pas de projet commun et que si rien ne change en la matière, la situation est désespérée. Il doute d'ailleurs de l'existence d'une volonté d'élaborer un projet commun. "Bruxelles apparaît de plus en plus comme un obstacle à l'indépendance", dit-il.
Le ministre-président rappelle encore dans les deux quotidiens qu'un débat est en cours à Bruxelles sur une éventuelle fusion des communes comme le demandent certains, surtout du côté flamand. Il rappelle à ce propos, dans le Soir, que le patron de la FEB Rudy Thomaes, qui a plaidé en ce sens, est Anversois et que dans cette ville, "pour des raisons d'efficacité", on a décidé d'en revenir à une organisation en districts.
Dans Le Soir, Charles Picqué s'interroge sur la raison pour laquelle on tarde tant à conclure les négociations. "Ou bien on a sous-estimé la détermination des francophones, ou bien on a peur de concéder quelque chose qui serait vite dénoncé au nord du pays, ou bien c'est une volonté d'accélérer le divorce institutionnel complet". "A ce stade, ça peut être un mélange des trois", conclut le ministre-président.
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