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Dimanche, à Laeken, y a-t-il eu complot ?
M.Bu.
Mis en ligne le 03/09/2010
Ya-t-il eu "complot"? Une tentative conjointe du Palais et de l’"establishment" belge pour infléchir la position des démocrates-chrétiens flamands du CD&V et isoler la N-VA dans les négociations communautaires en cours se serait soldée par un échec, rapportait jeudi le quotidien économique "De Tijd".
Explications. Dimanche dernier, dans la soirée, le préformateur Elio Di Rupo se rend à Laeken avec la ferme intention de rendre son tablier au Souverain. L’entourage du préformateur est, d’ailleurs, catégorique à ce sujet : "Pour nous, c’était terminé ce dimanche soir", assure-t-on. Oui, mais voilà : trois heures plus tard, le président du Parti socialiste quitte le château de Laeken avec une prolongation de sa mission et - ce qui surprend tous les observateurs avisés de la sphère politico-sociale - la consigne royale de procéder dare-dare à une consultation des partenaires sociaux. Selon "De Tijd", le plan échafaudé à Laeken est simple : les partenaires sociaux - de tradition fédéraliste - doivent prendre la parole dans la foulée des consultations avec le préformateur pour presser dans le sens du compromis et de la conciliation entre les acteurs politiques. Ainsi le président de la FEB, Thomas Leysen, aurait-il décroché son téléphone pour orchestrer cette manœuvre et mobiliser tous azimuts contre la N-VA.
Reste, fait-on remarquer à Laeken, que Thomas Leysen n’a pas été reçu au palais royal depuis "des semaines"... Du reste le président de la FEB dément lui aussi catégoriquement toute ingérence dans les affaires politiques en cours et le moindre coup de téléphone en ce sens.
Selon "De Tijd", qui cite une note de trois pages rédigée à cet effet, Fons Verplaetse, un ancien gouverneur de la Banque nationale, a également joué un rôle dans cette piècee destinée à nuire aux nationalistes flamands.
Quoi qu’il en soit, l’affaire tourne rapidement court. C’est que les patrons flamands - les membres de l’association patronale du Voka notamment - ont désormais rallié les thèses défendues par la N-VA. Filip Muyters, un ex dirigeant du Voka, n’est-il pas lui-même ministre de la N-VA depuis 2008 ? Quant à l’Unizo, les classes moyennes flamandes, elles sont calées dans le sillage du ministre-Président flamand Kris Peeters - un autre "hardliner" communautaire. Bref, la combine revient rapidement aux oreilles des instances dirigeantes de la N-VA. C’est Karel Van Eetveld, l’administrateur-délégué de l’Unizo, qui est l’un des premiers à avertir la N-VA que "quelque chose" se trame dans son dos. Qui plus est : certains des partenaires sociaux calent et refusent de se prononcer contre les nationalistes flamands. Ainsi Luc Cortebeeck, le patron, de la CSC, qui avant le 13 juin s’était prononcé contre la N-VA ne pipe mot. "Les seuls qui ont parlé l’ont fait pour dire que nos demandes étaient tout à fait raisonnables", jubile-t-on dans les rangs de la N-VA.
Dans la foulée, les libéraux flamands ont eux aussi reçu pour consigne de la part de leur président Alexander De Croo de ne surtout pas jouer la carte de l’isolement de la N-VA : "Ça ne servira qu’à les renforcer", a-t-il fait observer.
Et voilà la N-VA qui sort (même) confortée de cet épisode rocambolesque.
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