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Édito

Place à Bart

Mis en ligne le 06/09/2010

Vincent Rocour

Les francophones sont-ils en mesure d’accepter une grande réforme de l’Etat ? Cette question taraudait les esprits en Flandre avant les élections. Durant deux mois, les partis francophones se sont attachés à leur apporter une réponse claire : c’est oui. L’appétit des nationalistes flamands avait largement de quoi être rassasié : scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, transferts d’un gros paquet de compétences, promesse que les Communautés et les Régions seront davantage responsabilisées. Les francophones autour de la table allaient jusqu’à accepter de fouler du pied des promesses antérieures. On touchait à la sécurité sociale pourtant considérée jusque-là comme une vache sacrée du fédéral. On imaginait pouvoir scinder BHV sans un élargissement de Bruxelles. La seule compensation un peu lourde exigée par les francophones était un refinancement de Bruxelles.

Objectivement, les négociateurs du sud du pays ont accepté d’aller loin. Et pourtant, la N-VA a dit que c’était toujours insuffisant - le CD&V aussi, mais c’est par mimétisme.

Désormais, c’est l’esprit des francophones qui est rongé. Par cette question : la N-VA est-elle en mesure d’accepter un compromis ? Car si c’est non, il n’y a aucune raison de vouloir continuer une discussion stérile.

Et la seule façon de lever le doute, c’est de confier les rênes de la préformation à Bart De Wever. C’est de le voir mettre en jeu sa propre responsabilité, après que l’autre vainqueur des élections l’ait fait en pure perte.

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