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Les Belges et la crise

Sondage exclusif: la N-VA est confortée dans son attitude (relisez le chat)

V.R.

Mis en ligne le 07/09/2010

Une majorité de Belges estime que l’on peut passer à la formation du gouvernement. Seuls les sympathisants de la N-VA jugent les accords déjà conclus insuffisants. Les Wallons et les Bruxellois trouvent pourtant les concessions flamandes légères.

Retrouvez le sondage exclusif dans La Libre de ce mardi

C’est l’un des enseignements les plus importants du sondage "La Libre Belgique/Dedicated Research" : une majorité de Belges pense que les accords institutionnels déjà engrangés doivent permettre aux négociations de conclure. Vingt-cinq pour cent des personnes interrogées pensent que l’on peut "certainement" passer à la formation du gouvernement et 31%, que l’on peut y aller "probablement". On ne compte que 32% d’opinions défavorables : 20% répondent "probablement pas" à la question de savoir si ce qui est sur la table est suffisant et 12%, "certainement pas".

Les convictions sont cependant un peu différentes selon les Régions. En Flandre, la majorité des opinions favorables n’est que relative. On compte pile 50% de personnes favorables à la constitution immédiate du gouvernement fédéral. Mais il y a quand même 38% de Flamands qui jugent que les conditions ne sont toujours "probablement pas" ou "certainement pas" réunies pour passer à cette phase. De toute évidence, ce sont les sympathisants de la N-VA qui sont les moins chauds. Ils sont en effet les seuls, de tous les partis flamands, à considérer majoritairement que les accords institutionnels déjà engrangés sont insuffisants. A l’inverse, une très grande majorité des électeurs du SP.A (71%) juge qu’on peut passer à la suite du programme.

A Bruxelles et en Wallonie, les opinions favorables sont davantage marquées. Dans la capitale, 38% des personnes interrogées estiment qu’on peut "certainement" passer à la formation du gouvernement dès maintenant et 27%, "probablement". Soit, en tout, 65% d’opinions favorables. En Wallonie, le sentiment que désormais les temps sont mûrs pour instituer la nouvelle majorité est encore plus fort: 31% des Wallons pensent que ce qui est sur la table est "certainement" suffisant et 38%, "probablement". Soit 69% d’opinions favorables. Et ce, quels que soient les partis. On peut comprendre que les sympathisants du PS (à 82%), ceux du CDH (à 75%) et ceux d’Ecolo (à 73%) jugent le travail déjà réalisé suffisant pour passer à une nouvelle phase. Mais ceux du MR pensent la même chose : 63% d’entre eux estiment en tout cas que l’on peut passer à la formation du gouvernement dès maintenant, alors que leur parti favori n’est, pour l’heure, associé à aucune négociation.

La différence de sensibilités entre francophones et Flamands a quelque chose d’étonnant. Le sondage révèle en effet également que les francophones sont très critiques par rapport aux concessions actuellement faites par les négociateurs flamands : 72% des Wallons et 71% des Bruxellois les jugent "probablement pas" ou "certainement pas" suffisantes. Ils sont plus critiques que leurs homologues du nord du pays. S’il y a une majorité de Flamands pour considérer que les concessions francophones sont "probablement pas" ou "certainement pas" suffisantes, cette majorité ne se monte qu’à 62%.

Comment interpréter ce paradoxe ? Les francophones jugent peut-être que la négociation institutionnelle a déjà assez duré et qu’il est temps de conclure. Ils sont lassés, en somme. Les Flamands se montrent manifestement plus attachés à cette grande réforme de l’Etat, à laquelle les partis nordistes les préparent depuis de longues années. Le contenu des accords importe alors sans doute davantage à leurs yeux que le temps qu’il faudrait y consacrer.

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