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Où sont les drapeaux belges ?
A.-L. M. (st.)
Mis en ligne le 09/09/2010
Comme le montre le récent sondage de "La Libre" et de Dedicated Research de ce mardi, les Belges sont nombreux à suivre les négociations politiques en cours. Pourtant, les drapeaux ne sont pas nombreux à fleurir aux fenêtres des habitations, comme cela fut le cas à l’automne 2007, lorsque l’Orange bleue traînait en longueur et commençait à pourrir derrière les grilles de Val Duchesse. Les Belges en ont-ils marre ? Ne souhaitent-ils plus se mobiliser pour l’avenir de la Belgique ?
Benoît Rihoux, politologue à l’UCL analyse : "L’ambiance générale tend vers une certaine lassitude. Il n’y a pas un événement marquant qui mènerait à une mobilisation d’importance de la population belge, du moins pas pour le moment."
Ce rituel des drapeaux belges apparaît après le décès du roi Baudouin au milieu de l’été 1993. Il est la manifestation d’un sentiment collectif fort. Le phénomène reflète la volonté de marquer son attachement au pays.
"De grands mouvements comme il y a trois ans (la marche pour l’unité du pays en 2007 organisée par une citoyenne liégeoise, Marie-Claire Houart) sont seulement possibles si des organisations ou des individus décident de s’y impliquer. Des mobilisations de ce genre ne sont jamais spontanées." Or, pour l’instant, personne n’a pris l’ascendant.
Finalement, les Belges se mobilisent rarement pour une cause politique. Ils répondent plus facilement présents pour des enjeux socio-économiques. Régis Dandoy, politologue à l’ULB, spécialiste de la politique belge explique : "Cette non-mobilisation vient du fait que le Belge se sent bien représenté par ses élus. C’est une question de culture politique. Des élections fréquentes (régionales, fédérales, communales) permettent aux Belges d’exprimer régulièrement leur avis." Il y a peu de drapeaux en rue, mais "il n’y a pas davantage de mouvements ou de manifestations pour la scission de la Belgique ou pour l’autonomie de la Flandre. A part quelques manifestations qui sont plus des manifestations d’ordre folklorique maintenant, aucun mouvement n’existe", confirme Régis Dandoy.
La longueur des négociations actuelles ne surprend plus les citoyens. Ils savent qu’il faut du temps. Quatre-vingt-huit jours après les élections, sans l’ombre d’un gouvernement, les Belges patientent. Régis Dandoy précise : "En 2007, les négociations étaient beaucoup moins communautaires, mais l’angoisse de la population était plus importante. Aujourd’hui, une certaine habitude s’est installée."
Cette non-mobilisation naît aussi du caractère feutré et secret des négociations, ajoute Benoît Rihoux. De plus, "les discussions institutionnelles sont souvent éloignées des préoccupations quotidiennes des gens".
Néanmoins, il suffirait d’un bouleversement dans l’agenda politique pour lancer un mouvement citoyen.
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