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Politique

Le PS et la N-V A sont entrés en guerre

M.Bu. et V.d.W.

Mis en ligne le 17/09/2010

Sauve-qui-peut. Alors qu’on croyait les fils du dialogue renoués, on assiste, une fois encore, à une montée de fièvre entre les deux principaux protagonistes de cette interminable discussion. Du coup, tout semble partir en vrille : le PS lance "Ça suffit !" Et les écologistes posent, eux, des balises très claires pour une reprise éventuelle des négociations entre les sept partis (lire ci-dessous). Et la N-VA se demande s’il est possible de continuer avec un parti qui l’accuse de renier sa parole... Bref, c’est la galère. Et une reprise des pourparlers apparaît relever de la mission (quasi) impossible

Un élément permet de mesurer le délitement de la situation : la version de la dernière rencontre entre Elio Di Rupo et Bart De Wever diverge selon que l’on écoute les socialistes francophones ou les nationalistes flamands Au Sud du pays, on avait, avant-hier soir, tendance à positiver la reprise de contact entre les deux hommes : les francophones, disait-on, ont tendu la main à la N-VA en lui donnant la garantie que la loi de financement serait revue à court terme. En fait, l’accord portait sur 4 points : les négociateurs s’engageaient

- à préparer ensemble le budget;

- à lancer une réflexion sur la loi de financement qui devait aboutir dans les 6 à 8 semaines mais en tout état de cause, avant la fin de la formation du gouvernement;

- à étudier les modalités de refinancement de Bruxelles;

- à négocier l’avenir de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Selon le PS, l’accord entre Bart De Wever et Elio Di Rupo précisait bien que la discussion serait relancée à 7, et ce dès mercredi prochain. D’ici là, les médiateurs devaient rencontrer Jean-Michel Javaux (Ecolo) et Joëlle Milquet (CDH).

Ici, déjà, les versions divergent. Bart De Wever a livré la sienne dans un communiqué jeudi soir : "Les médiateurs doivent éclairer la voie pour une révision rapide de la loi de financement. Parallèlement, PS et N-VA parleront ensemble de l’acquis institutionnel (des autres points à trancher, NdlR)."

Le PS s’insurge : jamais, dit-on au boulevard de l’Empereur, les socialistes ne se sont entendus avec la N-VA pour négocier en duo la modification de la loi de financement ou le sort de l’arrondissement de BHV. Faux et archi-faux, réplique-t-on à la N-VA. Où l’on fait remarquer que des sessions de travail entre les deux partis ont même eu lieu durant la journée du jeudi entre responsables socialistes et nationalistes flamands. Trois sessions de travail se sont déroulées :

- sur l’emploi;

- sur les soins de santé;

- sur la justice;

Ce vendredi, d’autres réunions de travail sont (étaient ?) prévues entre PS et N-VA sur le Budget, les transferts de compétences et sur la révision de la loi de financement Ce n’était en rien une négociation à 2, il s’agissait simplement de préciser des accords intervenus à 7, réplique le PS.

Résultat : coup de colère du PS jeudi en début de soirée, assailli par des journalistes flamands qui demandaient si l’ultimatum posé par la N-VA (déterminer lundi au plus tard le pourcentage de l’IPP qui serait prélevé par les Régions) serait respecté. Ultimatum? La N-VA nie avoir utilisé ce mot. Petite guerre sématique.

Jeudi soir, donc, le PS lançait un vigoureux "Ça suffit !" Les socialistes en ont marre de l’attitude de Bart De Wever qui, disent-ils, passe son temps à torpiller les négociations Il en serait ainsi à sa troisième trahison, selon le PS, qui a fait les comptes :

- début juillet, il s’était engagé à ne pas demander une révision de la loi de financement : en août, il l’a exigée;

- il s’était engagé à accepter un refinancement de Bruxelles à 500 millions : il l’a remis en question;

- il a négocié pendant 8 semaines avec 6 autres partis, puis s’en est allé voir chez les libéraux ce qu’ils pouvaient lui offrir.

Donc, pour les socialistes, il devient quasiment impossible de négocier avec un homme qui ne respecte pas ses engagements et qui retourne sa veste après chaque accord.

A la N-VA, on compare les déclarations du PS au bombardement surprise de Pearl Harbor ! Dans un communiqué, Bart De Wever s’est demandé si le coup de sang du PS n’était pas intervenu simplement parce qu’Ecolo avait déjà mis en doute la méthode de négociation dans l’après-midi. Et de terminer par une question : "Est-ce que les francophones sont prêts à franchir le pas du fédéralisme de consommation vers une réelle responsabilisation financière ?" Et à la N-VA, on ajoute qu’on imagine difficilement se rasseoir à une table de négociation avec un parti (le PS) qui vous accuse de renier sa parole Sauve-qui-peut.

Savoir Plus

"Les chamailleries doivent absolument cesser", dit le président du CD&V

Les chamailleries entre les différents partis autour de la table en vue de la constitution d'une coalition gouvernementale doivent absolument cesser, a déclaré vendredi le président du CD&V Wouter Beke, avant de s'entretenir avec les deux médiateurs royaux. Pour lui, la confiance doit être rétablie d'urgence, et il faut en revenir au plus vite à la discrétion. "Chacun sait que la N-VA et le PS sont appelés à former le prochain gouvernement", a-t-il dit. La présidente du sp.a, Caroline Gennez, reçue elle aussi par les deux médiateurs, n'a fait aucune déclaration.

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