Di Rupo: "Chaque parti devra prendre de la hauteur"

Elio Di Rupo a annoncé mardi qu'il soumettrait dans un délai raisonnable aux partis associés ces derniers mois aux discussions en cours, une note de base composé de deux volets, un volet socio-économique et un volet institutionnel.

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Elio Di Rupo a annoncé mardi qu'il soumettrait dans un délai raisonnable aux partis associés ces derniers mois aux discussions en cours, une note de base composé de deux volets, un volet socio-économique et un volet institutionnel. Chaque parti pourra déterminer s'il accepte de discuter sur cette base, soit sur les deux volets soit sur le seul volet institutionnel.

Le président du PS, Elio Di Rupo, chargé par le roi d'une mission de formation du gouvernement fédéral, a rencontré la presse mardi dans le péristyle du parlement.

Devant une nuée de caméras et de photographes ainsi que de nombreux journalistes de la presse écrite, il a lu une courte déclaration en français puis en néerlandais avant de répondre à quelques questions.

M. Di Rupo a souligné la difficulté de sa mission. Il espère malgré tout la mener à bien avec la collaboration de tous ses collègues.

"Nous avons maintenant à construire un projet commun pour tous les Flamands, les Wallons, les Bruxellois et les Germanophones. Un projet d'une Belgique rénovée, avec un gouvernement fédéral qui travaille pour tous les Belges aux cotés des gouvernements des Régions et des Communautés", a dit Elio Di Rupo.

"Nous devons déplacer le centre de gravité de l'Etat fédéral vers les entités fédérées. Nous avons besoin d'un nouvel équilibre de nos institutions, avec une plus grande autonomie des Régions et des Communautés et un Etat fédéral capable d'assurer ses missions essentielles dans la durée et la stabilité", a-t-il précisé, rappelant ce qu'il avait déjà dit à la fin de sa mission de préformation.

"Il nous faut aussi un gouvernement de plein exercice ayant la confiance du parlement avec une ambition forte et une vision claire, afin d'assurer la sortie de la crise et de relever les défis de ces prochaines années", a encore ajouté le formateur.

Elio Di Rupo commencera sa mission par des rencontres bilatérales avec les différents partenaires sur le volet socio-économique. Il leur demandera de lui faire part de leurs propositions dans ce domaine en ayant en vue le rétablissement de l'équilibre budgétaire. Sur ce point, il a rappelé qu'"on parle de 17 à 20 milliards d'économie par an d'ici 2015 pour la maison Belgique". Cela demandera des efforts de toutes les entités et ce sera difficile pour chacun, a-t-il dit.

Parallèlement, M. Di Rupo poursuivra les négociations institutionnelles.

Sur la base de l'expérience des derniers mois, il suggère de changer de méthode, en alliant réformes institutionnelles et réformes socio-économiques.

Il rédigera une note de base composée de deux volets, l'un socio-économique et l'autre institutionnel. Il la transmettra "dans un délai raisonnable" aux partis qui ont participé aux discussions au cours des derniers mois.

"Il ne s'agit pas de propositions à prendre ou à laisser mais d'une base de discussion". Chaque parti pourra déterminer s'il accepte de discuter sur cette base, soit sur les deux volets, soit sur le seul volet institutionnel.

Le formateur a rappelé que si la N-VA et le PS jouaient un rôle important, ils ne pouvaient seuls ni gouverner le pays, ni réformer l'Etat. Et d'en appeler à chaque parti pour qu'il s'élève au-dessus de l'intérêt particratique ou de sa seule communauté.

M. Di Rupo a aussi souligné que l'heure était à la transparence. "Les citoyens ont le droit de savoir", a-t-il dit. Il rendra dès lors sa note de base publique.

En conclusion, le formateur a parlé de "l'étroitesse du chemin" pour arriver à un accord qu'il appelle de ses voeux. Cet accord devra être équilibré et respectueux des différentes composantes du pays sinon "il portera en germes les conflits du futur", a-t-il prévenu.

En réponse à une question, M. Di Rupo a souligné qu'un accord ne sera possible que si chacun le veut.

Sur son avenir personnel à la tête du gouvernement fédéral, le formateur a refusé de se prononcer. "Il faut d'abord arriver à un accord, ensuite on parlera de postes ministériels et donc aussi de celui de premier ministre", a-t-il dit.


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