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France

Pas de culture sans Dieu !

Christian Laporte

Mis en ligne le 13/09/2008

Benoît XVI a conclu brillamment sa première journée française. Face à un parterre très pluraliste, il a plaidé pour que l'on n'écarte pas Dieu de nos cultures européennes. Un "voyage" qui a traversé les racines du continent.

éclairage

Francophone et francophile, Benoît XVI a réussi son examen d'entrée dans la capitale de l'Hexagone, même si d'aucuns ont critiqué la trop grande proximité d'idées entre le chef de l'Eglise catholique et celui de la République française, fut-ce autour d'une "laïcité positive"... Mais la véritable entrée en contact avec la France plurielle n'a pas été en reste, car, visiblement séduits par son discours sur la culture, les sept cents invités présents dans le prestigieux Collège des Bernardins lui ont réservé, vendredi en fin d'après-midi, une longue "standing ovation".

Ici, le parterre était plutôt représentatif de tout ce qui pense et s'exprime par les meilleures voies culturelles outre-Quiévrain, avec une belle chambrée de représentants du monde des arts et des lettres, mais aussi du monde de la presse et de la musique.

Deux anciens présidents...

Et, enfin, du monde politique puisqu'outre les anciens présidents Chirac et Giscard, on y remarqua Jacques Delors, Bertrand Delanoé, Robert Badinter... à côté des super-ministres de Nicolas Sarkozy. Au fond, un public un peu atypique que l'on imaginait plutôt à l'écoute d'un discours consensuel sur la culture que d'une docte leçon particulièrement dense aux accents philosophiques et théologiques du Professeur Ratzinger.

On avait annoncé qu'elle serait du niveau de celle de Ratisbonne, qui avait vivement ému une partie du monde musulman. Elle le fut, mais, contrairement à celle-ci, elle devrait susciter moins de réactions. Sinon auprès de ceux qui n'admettent pas ou plus que l'Europe doit beaucoup à l'héritage des Lumières mais aussi à ses fondements judéo-chrétiens...

Avec la finesse intellectuelle qui le caractérise, le pape a profité du superbe cadre du Collège des Bernardins pour parler "des origines de la théologie occidentale et des racines de la culture européenne". En résumé : de l'histoire du monachisme et de l'objectif de ceux qui se soumirent à ses règles : chercher Dieu, quaerere Deum. Le propos a porté longuement sur la dimension de la prière (Ora) mais Benoît XVI a, très naturellement, associé la dimension pratique, le travail (Labora) qui, petit clin d'oeil au monde juif, caractérisait aussi la tradition des grands rabbis. Puis il a emmené son auditoire sur l'Aréopage à Athènes avec des références à saint Paul venu annoncer la Bonne nouvelle. Une situation somme toute assez proche de ce que l'on vit de nos jours... D'où l'envoi final de Benoît XVI : "Une culture purement positiviste qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question de Dieu serait une capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l'humanisme dont les conséquences ne pourraient être que graves." Et de conclure que "ce qui a fondé la culture de l'Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à l'écouter demeurent aujourd'hui encore le fondement de toute culture véritable".

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